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Les Bouleversements culturels

 

 

Le corps humain, chemin de Dieu ?

 

 

       Le livreLe corps chemin de Dieu’ rend compte du colloque qui s’est tenu  à l’université catholique de Louvain en Belgique sous le direction de Adolphe Gesché et Paul Scolas, édité par les éditions du Cerf  en 2008. Cette rencontre de théologiens a pris son départ dans un étonnement et une conviction.

     Un étonnement : Pourquoi le christianisme a véhiculé une telle suspicion concernant le corps humain, la chair, la sexualité, alors que le christianisme se présente comme une religion d’incarnation :  ‘Le Verbe s’est fait chair’ 

     Une conviction : « Le christianisme recèle une façon originale de situer le corps dans la recherche et la révélation de Dieu, originalité féconde pour une compréhension de nous-même comme être corporel. » (p 7) Affirmer que le corps humain est le lieu même de la révélation et de la rencontre de Dieu pour l’homme. pose une triple question.

- Qu’entendons nous aujourd’hui par le corps humain ? 

- Comment arriver à Dieu par le corps, un lieu de visitation de Dieu et le lieu où nous pourrons faire vibrer en nous sa rencontre ? 

- Si Dieu est venu à nous par le Verbe fait chair, ne pouvons-nous, nous aussi, aller à Dieu par notre corps et, suprême audace, par son corps qu’il nous donne ? 

 

Le corps humain se livre à la débauche

 

Une des raisons du mépris du corps dans lequel le christianisme s’est laissé entraîner vient d’un malentendu. L’apôtre Paul a plusieurs fois condamné la chair humaine qui se livre à la débauche dans ses lettres. Il a écrit aux Galates cette recommandation : « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu, alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair humaine. Car les tendances de la chair s’opposent à l’esprit… » 

« On pourra donc dire, en toute vérité, que ce que Paul exprime en ses diatribes peut-être trop nombreuses, voire même obsessionnelles, c n’est pas le mépris du corps, mais au contraire la conscience de sa grandeur et de sa dignité, qu’il voit justement piétinées et niées par l’abandon au péché. » (p 68)

Paul ne condamne pas le corps mais pour lui, il s’agit  du corps qui se livre à la débouche, le corps qui se livre au mal qui est extérieur à lui. Le mal n’appartient pas à la nature de l’homme.

 

L’esprit et l’âme sont source de vie

 

Longtemps, le christianisme a été influencé par la philosophie platonicienne. Platon (424-347 av. J.-C.), disciple de Socrate, est un philosophe grec d’Athènes. Il distingue le monde sensible, celui que nous voyons et le monde invisible, le monde intelligible, le monde des idées, de la raison. Disciple de Socrate, il rédige une série de dialogues mettant en scène son maître.

.Dans le récit  ‘L’Allégorie de la caverne’,  Platon résume bien sa réflexion.

« Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles. »

Le dialogue se poursuit. Platon raconte que ces hommes dans la grotte prennent les ombres pour des objets réels. « Ce que nous voyons, ce ne  sont que des ombres. Il nous faut nous délivrer de notre situation pour découvrir le réel, découvrir notre âme, notre esprit… »
              Dans ce conte, Platon privilégie le non corporel au détriment du corporel. La conséquence a été que le christianisme, influencé par la philosophie platonicienne, a enseigné que l’esprit et l’âme, réalité non visible, sont la source de la vie et non le corps humain.

 

L’existence humaine est aujourd’hui limitée à l’espace du sensible

 

Aujourd’hui, les termes ‘corps-âme’ ou ‘corps-esprit’ ne sont plus guère employés. La modernité efface l’image d’un Dieu extérieur à l’homme, d’un Dieu aliénant. L’existence humaine est, en notre temps, limitée à l’espace du sensible. L’homme n’a pas pour vocation d’habiter un monde invisible après sa mort. Parler aujourd’hui d’éternité n’évoque plus rien pour beaucoup de nos contemporains. Qui réve encore à une vie après la mort de son corps ? L’homme moderne meurt sans espoir de vivre éternellement. Aujourd’hui le corps de l’homme est la seule réalité perceptible.

Le temps moderne qui célèbre la mort de Dieu, a réduit la réalité au visible donc au corps. L’histoire humaine ne s’épanouira pas dans un monde invisible, le royaume de Dieu mais sera limitée par la fragilité et la mort. L’homme moderne n’a plus comme horizon l’éternité.

 

Eclairé par le théologien  A. Gesché, nous poursuivrons notre réflexion dans les prochains mois en nous confrontons à trois questions :

 

Février 2019                 Robert Pousseur

 

 

 

 

 

 

 

 

2  ‘L’Eglise doit accepter les modes de vie d’aujourd’hui.’

 

Le témoignage de la mère de famille présenté sur notre site le mois dernier répond bien au souhait du pape François : « L’Eglise doit accepter les modes de vie d’aujourd’hui… » Des internautes ont réagi à ce témoignage en posant la question : comment cette maman partage sa foi à ses enfants ?          

L’exemple d’une initiative prise dans une paroisse apporte-t-elle une réponse ? L’équipe pastorale à demander aux paroissiens d’aller à la rencontre des personnes de leur quartier et de partager la Bonne Nouvelle avec le sourire.  J’ai eu l’occasion de rencontrer un jeune père de famille qui était heureux que sa paroisse s’ouvre ainsi au monde. Il s’est investi dans cette expérience missionnaire. Mais, au fond de lui, il n’est pas sûr que ce soit le chemin à prendre. Il n’a pas eu l’occasion de partager son interrogation aux ceux et celles qui ont accepté de faire cette démarche.

Le pape François ouvre un autre chemin : celui du dialogue. Non seulement, le Pape François encourage les chrétiens à accepter avec discernement, les modes de vie d’aujourd’hui mais il ajoute que le chrétien « doit être dans le monde et vivre la modernité du monde… Il doit prendre la bonne part du monde et dialoguer avec le monde. »

Prenons le temps de réfléchir à ces paroles de François.

 

Vivre dans le monde, habité par la Bonne Nouvelle de Jésus.

 

Le pape François appelle chaque chrétien a aimé avec discernement le monde dans lequel il vit. Le témoignage de la mère de famille en est une illustration. Elle a tenu à préciser que la communauté chrétienne dont elle fait partie, est loin d’accepter les modes de vie d’aujourd’hui au nom de leur tradition culturelle et religieuse. La mission des responsables des communautés chrétiennes est engagée.

Un ami m’avait confié qu’il sentait que le prêtre de sa paroisse était un homme habité par sa communauté. L’ayant rencontré, il m’a confié que tous les matins, il prenait le temps d’écrire ce que les personnes lui avaient confié la veille. « Je me laisse habiter par la vie des personnes que le Seigneur me confie. Après ce temps, je lis un texte biblique. Comme nous sommes au temps de l’Avant et que les textes liturgiques parlent de Jean le Baptiste, je me suis arrêté sur le chant prophétique que Zacharie a faite à l’occasion de la circoncision de son fils Jean, le huitième jour de sa naissance. Cette prière de Zacharie est imprégnée de l’histoire du peuple Juif.  Un passage de ce cantique  que je traduis ainsi me provoque aujourd’hui à réfléchir comment j’ai abordé les personnes rencontrées :

 ‘Délivré  du mal,

je suis appelé à servir l’humanité dans la justice et la sainteté

en présence de Dieu.

« Me situant non pas comme prêtre au service d’une paroisse mais, avec la communauté à laquelle mon évêque m’a lié, je suis avec elle au service de la population du quartier, je me suis demandé si j’avais été au servie de la justice et de la sainteté de cette population en mettant mes pieds dans ceux que l’Esprit Saint qui travaille le cœur de ces personnes. »

 

S’enrichir mutuellement en dialoguant.

 

Le témoignage de la mère de famille ‘habitée’ par sa famille comme chacun d’entre nous est ‘habité’ ou refuse d’être habité par les membres de sa famille, ses amis, ses collègues de travail… nous provoque à la réflexion : nous vivons la modernité du monde et sans doute, nous participons à son évolution et avons souvent l’occasion de dialoguer avec ceux et celles qui prennent part à son évolution.

Le Pape François, dans son entretien avec D. Wolton, ne met pas l’accent sur la prière ni sur la proclamation de de Jésus mais insiste trois fois sur l’urgence pour les disciples de Jésus-Christ de dialoguer avec ceux et celles qui sont de ce monde qui nous paraissent nouveau. En d’autres termes : inculturer l’Evangile  dans ce monde qui vit les douleurs d’un enfantement.

Les réflexions du Pape sont très éclairantes :  

« Pensez au père Ricci, en Chine. Il avait suivi une voie d’inculturation authentique et il n’a pas été compris, on lui a barré la route. »

Matteo Ricci, est né le 6 octobre 1552 en Italie et est décédé en 1610 à Pékin. Il est un des premiers jésuites à vivre en Chine. Attiré par la culture chinoise dont il pressenti quelle pouvait être un chemin vers l’évangile, il étudiât la langue chinoise. Il a été reconnu comme l'un des rares étrangers à être considéré comme père fondateur de l'histoire chinoise. Dans un musée de Pékin, un bas-relief consacré à l'histoire de la Chine ne comporte que deux étrangers dont  Matteo Ricci habillé comme un mandarin confucéen. Il a fait connaître dans sa patrie Confucius et sa philosophie, créant de la sorte un dialogue entre les hommes de culture chinoise et occidentale.

 

« Pensez au père Nobili en Inde. C’est la même chose, il a fait peur. »

Roberto de Nobili1 est un Jésuite né lui aussi en Italie en 1577 et décédé à Madras en Inde du Sud en 1656. Arrivé en Inde, il comprit très rapidement que s’il voulait toucher le cœur de ce peuple, il devait apprendre non seulement le sanscrit, le Tamoul et adopté leur style de vie.  Si on peut faire une comparaison, il ne s’agitait pas seulement de fréquenter un cours de langue mais d’aller habiter dans leur maison et savoir entendre les murs résonner de l’histoire de ce la famille qui y habite. Et pour entendre les murs chanter, pleurer, prier, aimer… il faut savoir oublier comment on chantait, applaudir, parler avec les mains… comme le font si bien les italiens. Ce n’est pas oublier ce qu’on est mais s’enrichir de la façon dont les autres s’expriment… Ce peuple vivait une vie austère de renoncement et de piété. Comme il était d’origine aristocrate, il s’inspira  de la vie de la caste des guerriers, une identité lisible pour ce peuple. Il pu ainsi nouer des contacts avec des personnalités de la haute caste pénétrer plus profondément dans la culture  indienne. Il s’habilla à l’indienne se munit du  pot à eau des ascètes, abandonna la consommation de viande et d'alcool… il fut bientôt reconnu comme un saint homme à la mode indienne. Il a pu ainsi adapter le message chrétien en le rendant compréhensible aux Indiens car véhiculé par les concepts qui leur étaient familiers. Ce faisant, il s'attira l'animosité des chrétiens d’Europe et les moqueries de quelques confrères jésuites. Il dut même quitter un temps sa mission. Mais il eut toujours la confiance de ses supérieurs et de Rome mais pas celle des communautés chrétiennes implantées en Inde. On n’a jamais su où le père Nobili a été enterré.

 

 

 

Inculturer la Bonne Nouvelle fait peur

 

La façon des Pères Ricci et Nobili  d’enfanter l’Evangile dans ces grands pays riches d’un culture ancestrale et d’une quête de l’indicible ne font pas seulement peur mais ont suscité des résistances dans les membres de l’Eglise car, comme le rappelle le Pape : « Le dialogue avec le monde qui nous entoure fait grandir la tradition. » Des responsables des communautés de disciples de Jésus en Inde n’ont pas hésité de marginaliser le Père Nobili pour le faire taire.

              Ceux et celles qui, par leur vie, enfante l’Evangile dans notre société qui vit des bouleversements culturels ne doivent pas être surpris de découvrir tant de résistances dans certaines couches de l’Eglise.

 

Janvier 2018                Robert Pousseur

http://www.eglise-pour-notre-temps.net/bouleversements-presentation.html

Pape François Rencontres avec D. Wolton  L’Observatoire 2017 p. 147

 

Luc 1, 74

Opus cité P. 266

Opus cité p 317

 

1   Plongés dans un monde nouveau

 

 

Nous sommes plongés dans un monde en pleine évolution. Les jeunes participent à cette évolution en prenant bien souvent des risques. Au lieu de reprendre les analyses des experts sur cette transformation de notre univers, penser aux jeunes en ayant les yeux de ce juif qui a écrit un psaume est source d’étonnement : 

 

 « Des chemins s’ouvrent dans leur cœur.

Quand ils traversent la vallée de la soif

ils la changent en source. »

 

Beaucoup de parents sont amenés à accepter que les relations de leurs enfants avec leurs amis, leur vision du travail, leur façon de gérer le temps… prennent un autre chemin que de leur temps. Ils trouvent que leurs enfants sont mariés avec leur portable. Le dialogue avec leurs amis passe maintenant essentiellement par écran. Mais ces relations par mails deviennent vite des relations virtuelles. Nous ne sommes plus en face d’un visage en chair et en os mais devant un écran. Le film Good Kill a réussi à raconter les tourments d’un aviateur qui  bombarde à l’aide de drones. Quand il bombardait avec son avion il prenait sur lui le poids de tuer. Maintenant, dans la guerre moderne, la sensation d’être responsable se réduit à être devant un écran et à appuyer sur des boutons. Des psychologues ont mis en relief que les relations pas mail ne favorisent pas la rencontre mais fait naître une grande solitude. Le Pape François souligne que le rapport aux autres ne se fait pas uniquement par des mots mais aussi par des gestes. On a besoin de toucher l’autre pour communiquer avec lui. Les amants ne contrediront sûrement pas le Pape. Les mots et les gestes peuvent transformer la vallée de la soif en en source. 

 

 

Parallèlement au psaume avec l'idée de la "vallée de la soif changée en source", un bâtiment en ruine peut donner forme à une construction nouvelle. Je propose une photographie représentant des fondations brutes et des tags

Katia Ginguené Photographe

 

 

 

 

Le témoignage de Marie, mère de famille,

 

Nous remercions Marie qui a accepté de témoigner ce qu’elle vivait avec ses trois enfants en s’éclairant du psaume cité plus haut.

Benoit

 

Benoit, 26 ans, travaille dans une grande entreprise internationale de communication, dans laquelle il est chargé d’optimiser les campagnes de pub de ses clients. Il apprend à comprendre différentes façons de penser, d’appréhender les problèmes, pour mieux travailler avec les collègues d’autres nationalités. Il lui faut une grande capacité d’adaptation et d’écoute.

Le bien-être au travail, un joli cadre de vie, des facilités pour bien se nourrir, pour prendre soin de son corps, sont des priorités au sein de cette entreprise.

Il reçoit beaucoup d’encouragements verbaux et financiers. Chacun peut donner un bonus à un collègue s’il juge qu’il l’a mérité. L’argent circule beaucoup et les gains importants permettent une grande qualité de vie au travail pour tous.

Benoit nous semble beaucoup plus citoyen du monde que nous au même âge. Il a le goût de découvrir d’autres pays, d’autres cultures. Avec les facilités, de communication et de voyage, il ne se sent pas du tout limité pour rencontrer tel ou tel ami dans un autre pays même pour une courte durée.

Au niveau de son couple avec, ils vivent beaucoup de choses ensemble mais gardent une certaine indépendance pour rencontrer leurs amis respectifs et leurs familles. Je ressens un grand respect de la vie de chacun.

Il a la volonté de continuer à rencontrer ses amis éparpillés dans le monde pour le travail. Il est très attaché à la famille, très soucieux de ses grands-parents, leur rend visite dès qu’il le peut.

Jérémie

 

Jérémie, 28 ans, est réalisateur dans le cinéma. Il a créé son entreprise. Il utilise son art pour essayer de faire bouger les lignes de la société. Il travaille avec une équipe qu’il dirige et qui varie selon les projets. Il doit s’adapter aux différents talents et caractères de chacun. Internet lui permet d’entrer en relation avec beaucoup de personnes engagées dans différents domaines, de partager avec un grand nombre sa façon de voir la société, d’avoir connaissance des initiatives d’organisation de sociétés différentes et d’écouter des spécialistes qui analysent l’évolution du monde. De ce fait, il est inquiet pour l’avenir de la planète, en rébellion par rapport à l’évolution de la société au niveau politique, alimentaire, bancaire… Il ne sait pas s’il fera des enfants dans ce monde.

Il a commencé à 11 ans à faire des films et voulait à l’époque créer sa société qu’il aurait appelée « Save the world ». Il avait déjà le souci de la couche d’ozone qui diminuait.

Il est devenu végétarien et milite en réalisant des documentaires.

Il est entré en contact avec le collectif « Ma voix » pour essayer de transformer la façon de fonctionner de la démocratie, qui pour lui, n’en est pas une, et redonner davantage de pouvoir au peuple par l’intermédiaire de députés qui relaieraient réellement le vote du peuple grâce à un vote par internet.

D’autre part il a le souci de transmettre son savoir par l’intermédiaire de tutoriaux sur Internet, d’une chaîne TV également sur Internet mais aussi cette année par l’intermédiaire de stage qu’il anime seul et qui visiblement répond à une attente puisqu’en 3 heures 15 stagiaires étaient inscrits.

Ce mode de communication nous dépasse par sa rapidité et par la conception de la communication déplacée au niveau d’Internet et de moins en moins au niveau de la télévision et de la radio au niveau des jeunes. C’est un nouveau monde.

Jérémie, lui, sa vallée de la soif est plutôt au niveau de l’évolution du monde et de ses contradictions. Il essaie avec ses moyens d'ouvrir les yeux de quelques-uns qui changeront leurs comportements.

Cyrille,

 

Cyrille, 31 ans, biologiste, employé dans un laboratoire d’analyses médicales. Son ambition est de prendre des parts dans un laboratoire et de devenir chef d’entreprise indépendant. Il fourmille d’idées de développement. Mais il est confronté à l’évolution des laboratoires rachetés par des groupements qui, eux, voient davantage par le rendement financier que par le souci des employés, de leur évolution et de l’évolution du laboratoire. Il nous partage ses craintes, ses inquiétudes sur les choix que font ses collègues biologistes qui n’ont pas la même vision des choses que lui. Il est déçu que l’appât du gain passe avant tout. Il est donc à la recherche d’un laboratoire où il pourrait avoir de l’autonomie. Il se rend compte aussi de la difficulté de s’associer avec un collègue et d’avoir la même visée pour l’entreprise.

Au niveau privé, sa famille a énormément d’importance. Avec sa femme, il a deux enfants, un garçon de 4 ans et une fille de 1 an. Il occupe une grande place dans l’éducation de ses enfants. Ils partagent toutes les tâches, cuisine, linge, ménage, jeux avec les enfants intérieurs et extérieurs, bain, couchage, histoires au lit. Sa femme lui laisse beaucoup de place. Mais c’est aussi dû à leurs caractères à tous les deux.

Ils considèrent leurs enfants comme des personnes qui savent ce qui est bon pour eux et les laissent beaucoup choisir. Ils sont sensibles à la méthode Montessori qui respecte le rythme et l’évolution de l’enfant.

Cyrille traverse  la vallée de la soif en ce moment puisqu’il a des aspirations professionnelles qu’il ne peut réaliser pour l’instant. Il est en recherche d’une structure où il pourra se réaliser.

Nous, les parents

 

Je les écoute le plus possible quand je les vois. Je les encourage dans leurs décisions quand je sens que c’est bon pour eux.

Quand Jérémie s’est séparé de sa copine, je l’ai beaucoup écouté me raconter ses questionnements, lui ai expliqué le point de vue d’une fille qui se sent souvent plus vite engagée qu’un garçon. Je l’ai encouragé pour qu’il réussisse à lui parler paisiblement car je sentais qu’il n’était plus en phase avec elle. Il ne se sentait plus libre. Il voulait lui dire ce qu’il ressentait profondément sans la blesser et il a réussi.

Avec Alain, mon mari, nous partageons nos joies et nos difficultés relationnelles avec eux mais nous ne ressentons pas toujours la même chose en tant qu’homme ou femme. Nous nous disons ce qui nous choque et prenons patience.

Nous sommes les plus heureux des parents quand nous les voyons heureux de se retrouver tous les trois et qu’ils rient ensemble. Nous aimons quand ils nous racontent ce qu’ils vivent au niveau privé et au niveau professionnel. Moi, j’ai plus tendance à questionner dans le détail, moins Alain.

Alain aime beaucoup quand Cyrille et Benoit lui racontent leurs entretiens ; pour Cyrille quand il approche d’autres laboratoires, ses relations avec ses collègues et employés, et pour Benoit quand il a des entretiens avec ses supérieurs ou d’autres collègues.

Benoit demande des conseils à son père pour les stratégies commerciales. Il apprécie ce partage, cette connivence au niveau professionnel.

Alain a plus de difficulté depuis quelque temps à échanger avec Jérémie à cause de ses positionnements de rébellion sur différents sujets et il en souffre. Je le réconforte en lui disant qu’à son âge, heureusement qu’il espère des changements de société, qu’il croit que l’on peut changer et qu’il n’est pas blasé.

Globalement, ils nous épatent tous les trois dans leurs univers si différents. Nous sommes très heureux qu’ils se soient formés chacun avec leurs aspirations et qu’ils se réalisent tels qu’ils sont.

Décembre 2017   Marie

 

 

 

 

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