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La Foi vécue en Église,

 

L’histoire des catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II

 

Olivier Landron, enseigne l’histoire du christianisme contemporain à la faculté de théologie de l’université catholique d’Angers. Son livre décrit la vision qu’ont les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II et les actions qu’ils ont mené pour manifester leur vision du monde actuel marqué par les grandes refontes idéologiques qui travaillent profondément la France et de la mission de l’Eglise qui a changé de visage notamment par la réforme de la liturgie et par le rassemblement interreligieux à Assise. Le combat politique des chrétiens traditionalistes a pour but le maintien de la civilisation chrétienne.« La cohérence du catholicisme traditionnel en France provient beaucoup plus de sa dimension politique. En effet, l’attachement à la monarchie et au nationalisme défendu par Charles Maurras lui a servi d’élément fédérateur. » (p 9)

L’auteur souligne aussi que le catholicisme, par anticommunisme, s’est trouvé en phase avec les partis de la droite nationaliste. Ceux et celles qui étaient attentifs aux discours de Mgr Lefebvre n’ont pas oublié qu’il faisait souvent l’éloge des autorités autoritaires, notamment ceux d’Amérique Latine. Il  apporta son soutien au général Videla et Pinochet  qui régnaient en Argentine et au Chili.

Ce livre est intéressant à plus d’un titre. Entre autres, il provoque le lecteur à réfléchir sur la mission de l’Eglise d’inculturer sa foi, son espérance et sa charité dans le monde contemporain et de rejoindre les hommes et les femmes de bonne volonté qui travaillent pour que le monde grandisse en humanité. Comme l’a souligné Jean-Paul II dans son discours à l’Unesco, les cultures évoluent continuellement. Inculturer n’est pas synonyme d’un retour à l’histoire ancienne mais de tout faire que l’évolution du monde soit animée par un profond humanisme.

Les cultures sont la demeure de l’Esprit créateur qui prépare avec tous ceux et celles qui mettent la justice au cœur de leur responsabilité  le retour de Jésus ressuscité.

 

              Mai 2016                                                                          R Pousseur

 

 

Quelques nouvelles d’Irak

 

 

Margot Vappereau, médecin sans frontière, a été envoyée en Irak, à Erbil, au centre de santé qui se trouve dans un camp de réfugiés. Comme sous sommes tous très sensibles à ce qui se vit au Moyen Orient, nous avons demandé à Margot si elle acceptait que nous vous transmettions son dernier message. « Avec grand plaisir je partage ces infos si elles permettent aux internautes de mieux comprendre la situation. »

 

 « Lors de mon tout premier jour. Je venais de faire le tour du Centre de Sante (que j'appellerai PHCC = Primary Health Care Center), de passer le Nouvel An a Erbil avec mes collègues. Qu'est ce que je fais depuis maintenant 3 semaines ? Ma semaine s'organise un peu comme cela : Je découvre petit a petit les taches qui me sont et seront confiées, je dépatouille ce qui existe déjà pour en comprendre le fonctionnement, j'essaie de passer du temps avec les staffs de chaque secteur mais ca n'est pas évident du tout et je travaille déjà sur de futurs projets.

Le camp de Bardarash accueille uniquement des déplacés irakiens en provenance des environs de Mossoul. Il a ouvert en janvier 2015 et vient donc de « fêter » son premier anniversaire. Les quelques 2200 familles qui vivent dans le camp attendent impatiemment de pouvoir rentrer chez eux mais apparemment la reprise de Mossoul approcherait. En attendant ces gens s'organisent comme ils peuvent pour travailler, s'occuper, se distraire…

Ma première visite du camp m'a complètement sidérée et a, bien sur, réduit a néant le stéréotype que j'avais en tète. Imaginez vous une seconde arriver dans un camp de 11000 personnes qui grouille de voitures, camions, antennes télé… Dans les tentes, les gens ont installe des tapis pour se protéger du froid (ce qui fonctionne franchement bien), ils ont des télés, des frigos et sont capables de vous faire du thé en moins de 5 min. Vraiment sidérant. L'explication étant qu'en quittant leurs maisons, ils ont pris le temps d'emporter pas mal d'affaires, Mossoul n'étant qu'a une 30aine de km de la et ils se sont quasiment tous déplacés en voiture.

Ma mission : Le camp ne se trouvant qu'a 7km de la ville dans laquelle nous habitons mes petits camarades et moi, cela me permet de faire des aller et retours réguliers pour travailler a la fois au PHCC et a la fois au bureau. J'aime aller au camp, voir le concret, être avec l'équipe, c'est vraiment ce que je voulais ! Je m'arrange donc pour passer la majeure partie au PHCC et finir la journée au calme au bureau.

Je suis en charge de tous les projets de santé qui voient le jour sur le camp, aussi bien au PHCC qu’a l’école que partout ailleurs. Chaque projet peut se présenter sous une forme différente : des soins purs, des campagnes de sensibilisation, des ateliers, la création d’équipe de prévention… une bonne façon pour moi d’engranger les idées pour la suite.

Mais quand je suis au PHCC, je règle les dossiers administratifs, les problèmes quotidiens, j'essaie de rencontrer un maximum les équipes par secteur. Je me fais aussi cocooner car tout les staffs m'invitent chez eux, me préparent le thé ou le café, passent discuter dans mon bureau !!

 

 

Pour l'instant les locaux ne sont pas très grands mais nous allons recevoir une première extension d’ici une semaine (c'est-à-dire que les pièces sont livrées toutes faites et nous les accolons les unes aux autres). Les idées fusent au fur et a mesure mais il faut prioriser. Je suis aussi en charge de faire tous les rapports d’activité, chose assez balèze quand vous venez d’arriver et que le projet se termine. Mais au moins, c’est un bon moyen d’apprendre. Je rentre dans la phase ou je ne suis plus complètement nouvelle donc je récupère pas mal d’informations mais je ne sais pas encore comment toutes les traiter. C’est également moi la représentante santé de PUI auprès des autorités pour le camp de Bardarash donc je reçois régulièrement la visite d’officiels du département santé ou des Asayesh (qui ont le don de se pointer sans avoir prévenu ce qui m’agace profondément !!). Ce que je vous propose dans les prochaines newsletter, c’est de vous parler des grands projets du mois et de détailler un peu plus ce que nous faisons au sein du PHCC. Je pourrais tout vous raconter maintenant mais ca prendrait un peu de temps et il faut que je garde de la matière pour plus tard.

Ma semaine : ma semaine a surtout été faite de formations, de compte-rendu. J’ai découvert un outils d’enquête a utiliser sur tablette, ce qui va nous permettre de gagner un temps considérable lors des questionnaires de satisfaction dans le camp. J’ai aussi été forme a l’animation de formation pour adultes. MSF a aussi pris ses quartiers au PHC pour prodiguer des consultations en santé mentale (stress, post traumatique, dépression, inactivité pesante, maladies mentales, déséquilibres, traumatismes liés au contexte de guerre…). Nous sommes un peu a l’étroit pour l’instant mais une fois que la nouvelle pièce sera la, ce sera beaucoup mieux. Je continue aussi a apprendre le kurde grâce a Jameel, mon bras droit, qui parle très bien anglais et qui apprend le français. C’est donnant-donnant. Je ne désespère pas de comprendre qqch un jour ! Bref cette semaine a été remplie mais je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir avancé…

 

Si vous désirez vous mettre en relation avec Margot Vappereau, voici son adresse de messagerie :   margottevappereau@hotmail.fr

 

 

 

 

 

 

 

Noël 2015, jour de joie et de déchirement

 

 

         Les fêtes de Noël et de nouvel an approchent. Si l’installation de crèches dans des lieux publiques posent question à certains, la chaîne Arte diffuse une série documentaire intitulée ‘Jésus et l’islam’. On peut lire aussi dans la revue ‘Obs’ du 26 novembre 2015 un entretien avec Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, auteurs de cette série télévisée et du livre ‘Jésus selon Mahomet’ dont nous faisons la recension sur ce site.

              Disciples de Jésus en ce 21ème siècle, nous sommes redevables aux experts qui ont fait une critique littéraire et historique des évangiles, de nous aider à ne pas faire dire aux évangiles n’importe quoi. Prenons par exemple en ces temps de Noël le récit de Saint Luc sur la naissance de Jésus. Sont-ils des faits historiques au sens moderne du terme ?

          Ces récits sont comme une préface à l’évangile qui débute au chapitre 3. Luc adresse son évangile aux communautés chrétiennes de culture grecque alors que Matthieu s’adresse et exprime la foi des communautés chrétiennes imprégnées de l’histoire du peuple élu. Dans la culture grecque, tout se joue à la naissance tandis que dans la culture juive, tout se joue à la mort. Pour Luc, la bonne nouvelle est que Dieu vient vivre avec l’humanité son aventure qui s’inscrit dans un monde où les pauvres ne sont guère reconnus comme des personnes à part entière et sont respectés, où le pouvoir n’hésite pas à employer la violence… Le peuple attend que le Puissant fasse des merveilles pour son peuple : que les superbes soient dispersés, que les riches soient renversés de leur trône, que les humbles soient élevé, que les affamés soient comblée… Luc raconte que Marie enfanta Jésus non pas dans la pièce commune car il n’y avait pas de place  pour elle mais près d’une mangeoire. L’ange annonce la naissance de Jésus à des ‘pauvres’ que sont les bergers et non à des responsables religieux. Les bergers seront les premiers qui annonceront la bonne nouvelle au monde. Quand Marie et Joseph vont présenter Jésus au Temple, Syméon, qui attendait ‘la Consolation d’Israël’, fut rempli de l’Esprit saint et, à la vue du bébé, proclame que ses yeux ont vu celui qui allait illuminer l’humanité. Il dit aussi à Marie que son enfant divisera le peuple car il sera un signe de division et qu’une épée lui transpercera le cœur. AU pied de la croix face à la misère du monde, quelle idée de Dieu se fait Marie, elles qui a chanté à Elizabeth enceinte de Jean le Baptiste les merveilles de Dieu qui renverse ceux qui utilisent l’injustice pour régner sur les autres. Quand Joseph et Marie vont au temple pour présenter Jésus à Dieu, Syméon annonce à Marie que Jésus, lumière pour les nations païennes et gloire de notre peuple sera un signe de division et que son cœur sera transpercé par une épée. Que le chant du Magnificat est loin !

            Cette préface de l’évangile de Luc prépare le lecteur à un bouleversement qui risque de lui déchirer le cœur. Pour Dieu, c’est une joie que Marie ait accepté de mettre au monde un bébé qui cache un mystère. Pour Dieu, les pauvres de cœur sont capables de dévoiler ce mystère. Pour Dieu, c’est une gloire de voir deux personnes âgées qui préparent Marie et Joseph à élever leur enfant en respectant son mystère. Dieu partage aujourd’hui sa joie de nous offrir Jésus qui, avec ses disciples et ceux et celles de bonne volonté, révolutionne aujourd’hui un monde individualiste, consommateur et violent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De ‘LA NOUVELLE EVANGELISATION’ à ‘LA JOIE DE L’EVANGILE’

 Article paru dans la revue SPIRITUS N° 222,

 

Les surprises n’ont pas manqué depuis l’élection du pape François mais, parmi toutes ces surprises, il en est deux qui ont été peu relevées et qui vont nous aider à situer l’exhortation apostolique ‘La joie de l’Evangile’ par rapport à la problématique de la ‘Nouvelle évangélisation’ initiée par le pape Jean-Paul II et institutionnalisée par son successeur Benoît XVI qui lui consacra le Synode des évêques de 2012 (1).

Dans un premier chapitre que nous ne reproduisons pas ici, Jean-Pierre Roche explique pourquoi le pape François n’a pas parlé de nouvelle évangélisation dans ses discours, interviews ou homélies Pendant toute une année et pratiquement jusqu’à la publication de La joie de l’Evangile, le pape François ouvre de nouveaux chantiers tout en restant fidèles aux priorités missionnaires de ses prédécesseurs mais qui lui permettent de fixer des priorités missionnaires pour notre temps.                            J.-C Faivre d’Arcier

 

Le pape François et la nouveauté

 

Quand on parlait de nouvelle évangélisation, on pointait au moins trois nouveautés :

- la nouveauté de l’Évangile qui est capable de nous faire vivre une « vie nouvelle » et qui crée sans cesse du neuf dans nos vies et dans la vie du monde,

- la nouveauté de l’ardeur apostolique : Jean-Paul II disait à Port au Prince en 1983 « nouvelle dans son ardeur, ses méthodes et ses expressions »; Benoît XVI parlera volontiers d’évangélisation renouvelée parce qu’il insiste sur le renouveau spirituel,

- la nouveauté du monde : le monde change très vite et il n’est plus celui de Vatican II ; parler de nouvelle évangélisation signifiait à la fois que nous ne sommes plus en chrétienté et que le monde vit une mutation considérable. François, lui, parle, à propos de l’Evangile et du Christ, d’une « éternelle nouveauté » parce qu’il est « source constante de nouveauté », et en même temps il parle de la nécessité d’une « annonce renouvelée » et d’une «nouvelle étape évangélisatrice ». Mais pour lui, et nous avons là sans doute la raison profonde de sa réticence à utiliser le vocabulaire de la nouvelle évangélisation, « toute action évangélisatrice authentique est toujours nouvelle » parce que « chaque fois que nous cherchons à revenir à la source et à retrouver la fraicheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui » (n.11).

Le pape appelle toute l’Eglise à « une conversion pastorale et missionnaire » et il n’hésite pas à parler de « réforme permanente de soi par fidélité à Jésus-Christ » (n. 26) en citant le décret de Vatican II sur l’œcuménisme qui parlait déjà de réforme permanente. Toute réforme demande une conversion mais suppose aussi des changements. Sous le titre « un renouveau ecclésial qu’on ne peut différer », il les réclame avec force : « J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale deviennent un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation » (n. 27). Il peste contre ceux qui se réfugient paresseusement dans le « on a toujours fait ainsi » (n.33) et n’hésite pas à demander qu’on « revoit » certains usages, certaines normes ou préceptes ecclésiaux « qui peuvent avoir été très efficaces à d’autres époques, mais qui n’ont plus la même force éducative comme canaux de vie. » (n. 43). Mais « la véritable nouveauté est celle que Dieu lui-même veut produire de façon mystérieuse, celle qu’il inspire, celle qu’il provoque, celle qu’il oriente et accompagne de mille manières » (n.12).

Nous pouvons maintenant considérer ce qui, de la nouvelle évangélisation à la Joie de

l’Évangile, constitue des continuités, des déplacements.et l’apport original du pape François

par rapport à la mission de l’Eglise de partager à tous la joie de l’Évangile.

 

Des continuités essentielles

 

La première continuité s’enracine dans le titre de la Constitution pastorale Gaudium et spes du concile Vatican II (1962-1965) : L’Eglise dans le monde de ce temps. L’Eglise, quand elle envisage sa mission, se situe dans le monde – pas au-dessus, ni en face – et dans le monde de ce temps. Dix ans plus tard, l’exhortation de Paul VI Evangelii nuntiandi (1975) portait en titre L’Évangélisation dans le monde moderne. Celle du pape François, Evangelii gaudium (2013) porte en titre L’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. Nous pouvons enfin nous rappeler le titre de la lettre aux catholiques de France publiée en 1996 par l’épiscopat français : Proposer la foi dans la société actuelle. Dans tous les cas, il ne s’agit pas de l’évangélisation du monde, comme s’il était extérieur à l’Eglise, mais bien de l’annonce de l’Évangile dans ce monde qui est aussi le sien… Quand il s’agit de la mission, l’attention au monde tel qu’il devient, est essentielle. Toute l’exhortation du pape François est traversée par un regard à la fois lucide et bienveillant sur le monde d’aujourd’hui, en particulier son chapitre 2 consacré à « la crise de l’engagement » où il analyse quelques défis du monde actuel et son chapitre 4 sur la dimension sociale de l’Évangélisation.

La deuxième continuité, c’est une vision de la mission centrée sur le Christ. L’Instrument de travail du Synode des évêques de 2012 avait déjà affirmé que l’objectif de toute évangélisation est de permettre à tout homme de vivre la rencontre et la communion avec le Christ, car « la foi chrétienne n’est pas seulement une doctrine, une sagesse, un ensemble de règles morales, une tradition ; la foi chrétienne est une rencontre réelle avec Jésus-Christ » (4). Déjà, Jean-Paul II écrivait dans son encyclique Redemptoris missio (1990) : « Le Royaume de Dieu n’est pas un concept, une doctrine, un programme que l’on puisse librement élaborer, mais il est avant tout une Personne qui a le visage et le nom de Jésus de Nazareth, image du Dieu invisible » (5). Le pape François, insistant d’emblée sur la rencontre du Christ (n. 3), cite Benoît XVI : « A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » (6).

Troisième continuité : la nécessité absolue de l’annonce explicite de Jésus-Christ et le refus de réduire l’évangélisation à cette annonce. Comme le disait Paul VI : « L’évangélisation est une démarche complexe, aux éléments variés : renouveau de l’humanité, témoignage, annonce explicite, adhésion du cœur, entrée dans la communauté, accueil des signes, initiatives d’apostolat (qui) sont en réalité complémentaires. » (7) Le pape François affirme la nécessité de l’annonce explicite en reprenant une parole de Jean-Paul II : « il ne peut y avoir une véritable évangélisation sans annonce explicite que Jésus est le Seigneur » (8) en même temps qu’il souligne l’importance de l’inculturation de la foi dans la culture de chaque peuple (n.69), à la suite du Concile et de Jean-Paul II. De même, quand il dit : « Jésus veut des évangélisateurs qui annoncent la Bonne Nouvelle non seulement avec des paroles, mais surtout avec leur vie transfigurée par la présence de Dieu » (n. 259), il est dans la droite ligne de Paul VI pour qui le témoignage de la vie est « le premier moyen d’évangélisation » et qui ajoutait : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou, s’il écoute les maîtres, c’est parce que ce sont des témoins. » (9).

Cela nous amène à une quatrième continuité : l’Eglise ne peut évangéliser qu’en se laissant évangéliser elle-même par l’Évangile qu’elle annonce. Là encore, c’est Paul VI qui est cité : « Évangélisatrice, l’Eglise commence par s’évangéliser elle-même » (10). Le pape François le dit avec quasiment les mêmes mots : « L’Eglise n’évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. » (n. 174). La « conversion pastorale et missionnaire » à laquelle il nous appelle suppose qu’on se laisse évangéliser, en particulier par les pauvres (n. 198).

 

Quelques déplacements

 

Venons-en maintenant à quelques déplacements qui viennent pour une bonne part de l’Eglise latino-américaine : nous avons 15 citations de la Conférence des évêques latino-américains, dont 13 du texte de l’assemblée d’Aparecida (2007) dont nous savons que l’archevêque de Buenos-Aires était l’un des rédacteurs principaux.

Un premier déplacement est l’insistance sur la thématique du peuple : le Peuple de Dieu, bien sûr, dans la ligne de Vatican II, mais aussi le peuple avec sa culture, ses ressources, sa piété. Tantôt, c’est le peuple-nation (demos, populus) lorsque François parle de l’inculturation de l’Évangile dans la culture des différents peuples ; tantôt, c’est le peuple comme groupe social (laos, plebs) avec la culture populaire et la piété populaire qui sont autant de points d’appui pour l’évangélisation. Réalité très latino-américaine mais qui n’est pas sans évoquer des recherches chez nous (11)

Deuxième déplacement, la réintroduction du Royaume de Dieu : « évangéliser, c’est rendre présent dans le monde le Royaume de Dieu » (n.176). Du coup, le regard sur le monde change : il y a du Royaume dans le monde au-delà de l’Eglise et on peut à nouveau y discerner les signes des temps, ce qui avait disparu avec la « nouvelle évangélisation » présentée au synode de 2012 (12). Dès lors qu’on parle du Royaume de Dieu, « dans la mesure où il réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous » (n. 180). François dit bien « la vie sociale » et non pas la vie ecclésiale. Dans son exhortation, à plusieurs reprises, le pape François s’émerveille en contemplant des réalités du monde, par exemple à propos des villes : « Comme elles sont belles les villes qui dépassent la méfiance malsaine et intègrent ceux qui sont différents, et qui font de cette intégration un nouveau facteur de développement ! Comme elles sont belles les villes qui, même dans leur architecture, sont remplies d’espaces qui regroupent, mettent en relation et favorisent la reconnaissance de l’autre ! » (n. 210). Avec ce regard contemplatif sur le monde, François invite, en bon jésuite, à un discernement : « J’exhorte toutes les communautés à avoir l’attention constamment éveillée aux signes des temps » pour discerner dans « certaines réalités du temps présent… ce qui peut être un fruit du Royaume et aussi ce qui nuit au projet de Dieu » (n. 51).

Un troisième déplacement serait ce passage de l’Évangélisation à l’Évangile. Le document fait 123 citations du Nouveau Testament dont 65 des Évangiles, sans compter les renvois (avec une simple référence). Il y a recentrage sur l’Evangile et donc sur une manière évangélique de vivre la mission, à la manière de Jésus. En premier lieu, le regard de Jésus sur les personnes qu’il rencontre ne se porte pas sur leurs fautes mais sur leurs souffrances. Avec Jésus, les personnes passent avant les principes. En second lieu, Jésus valorise ceux qu’il rencontre, met en valeur leur foi. Il nous met en garde contre l’arrogance et la suffisance de ceux qui savent. L’Evangile invite à l’humilité : nous ne possédons pas la vérité, puisqu’elle est une personne, Jésus le Christ, qui nous dépasse et nous échappe toujours. Nous pouvons donc chercher la vérité avec les autres. François parle d’une « annonce qui se partage dans une attitude humble, de témoignage, de celui qui toujours sait apprendre, avec la conscience que le message est si riche et si profond qu’il nous dépasse toujours » (n.128), « sans prétendre être supérieurs » (n.271). C’est un accent nouveau (13).

Venons-en à ce qui fait, à mes yeux, l’apport spécifique du pape François qui propose une réforme de l’Eglise autour de quatre priorités, dont trois au moins sont originales.

 

Quatre priorités pour une Eglise missionnaire 

 

Il y a d’abord la priorité à la mission. Là, nous sommes dans la continuité, puisqu’il se situe dans la ligne de Paul VI (l’Eglise « existe pour évangéliser »), et Jean-Paul II (l’évangélisation est « la tâche première » de l’Eglise). Mais il va exprimer cette priorité avec un langage nouveau, celui de la « sortie » : l’Eglise doit sortir d’elle-même, de son confort, de ses habitudes, du souci de se préserver, de se perpétuer et de se mettre au centre. Cette sortie est vers les périphéries, c’est-à-dire à la fois les frontières de l’Eglise et de la société, vers tous ceux qui sont à la marge, à la porte ou exclus, mais aussi vers les « périphéries existentielles », « là où sont toutes les misères », ce que Pierre Claverie, l’évêque d’Oran, appelait « les fractures de ce monde ». Il s’agit d’y rejoindre le Christ souffrant. François décrit cette « Eglise en sortie » avec cinq verbes originaux : « L’Eglise en sortie est la communauté des disciples-missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent » (n. 24). L’expression disciples-missionnaires vient du document d’Aparecida : « nous ne disons plus que nous sommes disciples et missionnaires, mais toujours que nous sommes disciples-missionnaires » (n. 120) car on ne peut être disciple sans être missionnaire, ni être missionnaire sans être disciple.

Vient ensuite la priorité à la miséricorde. Le terme est à prendre, non pas d’abord au sens du pardon mais au sens de son étymologie latine : se laisser toucher au cœur par la misère des autres, c’est-à-dire « quand nous sommes bouleversés au plus profond devant la souffrance d’autrui » (n. 193). L’image de la miséricorde, c’est le bon Samaritain. « L’Eglise doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile » (n.114). Pour Jésus, la miséricorde passe avant les règles, l’amour avant la loi, la personne qui souffre avant le Sabbat. De telle sorte que le souci d’être fidèle à l’amour fraternel et à la miséricorde envers les pauvres doit passer avant la préoccupation de ne pas tomber dans des erreurs doctrinales (n. 194).

En troisième lieu, la priorité au cœur de l’Évangile, c'est-à-dire au « kérygme » que le pape François exprime ainsi : « Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver et maintenant, il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer te fortifier, te libérer » (n.164). Il y a une « hiérarchie des vérités » de la foi (n.35-36) et l’évangélisation doit se concentrer sur l’essentiel. L’annonce de l’amour sauveur de Dieu est un préalable à toute obligation morale et religieuse : en d’autres termes, le « tu es aimé » doit toujours précéder le « tu aimeras ».

Enfin, la priorité aux pauvres. Celui quoi a choisi de s’appeler François à cause des pauvres redit ce qu’il avait exprimé dès son élection : « Je veux une Eglise pauvre pour les pauvres » (n.198). Il leur consacre trente numéros (186-216) et en fait le grand critère de l’évangélisation : « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7,22). Il ne s’agit pas seulement des pauvres au sens des démunis, c’est aussi « les derniers, ceux que la société rejette et met de côté » (n.195) ou encore « les plus fragiles, ceux qui restent en arrière, les moins pourvus (n.209). Cette priorité est fondée sur « la préférence divine » pour les pauvres (n.198). L’option pour les pauvres est une « catégorie théo-logique » : elle est une parole sur Dieu et, en ce sens, elle annonce la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour les plus petits auxquels le Christ s’est identifié. François renoue ici avec la célèbre affirmation d’un Synode des évêques consacré à la justice dans le monde en 1971 : « le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde (est) une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile. » Cet amour privilégié pour et avec les pauvres a en effet deux dimensions, une qu’on pourrait qualifier de « politique » puisqu’il s’agit de s’attaquer aux « causes structurelles de la pauvreté » et l’autre qu’on pourrait qualifier de « fraternelle » : « nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (n.198).

Depuis le Concile Vatican II, rarement un texte pontifical n’avait reçu un tel accueil. Il accompagne d’autres efforts de réforme comme celle de la Curie, celle des finances du Vatican ou celle des synodes sur la famille, mais il est surtout un instrument au service de toutes les communautés ecclésiales, paroisses, mouvements, diocèses, pour se réformer, se transformer et devenir plus évangéliques et missionnaires.                 Jean-Pierre Roche

 (11) Je pense aux ouvrages suivants : Clémentine Autain, Le retour du peuple ; Jean-Luc Mélanchon : L’ère du peuple (Fayard) ; Christophe Guilluy : La France périphérique (Flammarion) ; Jacques Juillard et Jean-Claude Michéa : La gauche et le peuple (Flammarion). Dans son livre Ce que nous dit François (Éditions de l’Atelier, 2014), le plus proche théologien du pape, Victor Manuel Fernandez explique cette « théologie du peuple » qui vient d’Argentine : « Elle considère les pauvres non pas comme les simples objets d’une libération et d’une instruction mais comme des sujets en mesure de penser selon leurs catégories, capables de vivre légitimement la foi à leur façon et d’inventer des chemins à partir de leur culture populaire. Qu’ils pensent, qu’ils s’expriment ou qu’ils regardent la vie de façon différente ne signifient pas qu’ils ne pensent pas ou qu’ils n’ont pas de culture ; simplement, c’est une culture autre, différente de celle de la classe moyenne. » (p. 101). C’est ce qui se vit dans les quartiers populaires en France avec la Mission ouvrière et en particulier avec les mouvements qui en font partie (Action catholique ouvrière, Jeunesse ouvrière chrétienne et Action catholique des enfants) à travers l’entre-eux, par-eux, pour-eux et le voir-juger-agir de la révision de vie. Voir Jean-Pierre Roche : « La spiritualité de la mission ouvrière, une chance pour les milieux populaires d’aujourd’hui ? Editions de l’Atelier (2011), en particulier le chapitre 5 : une spiritualité de la solidarité, « faire peuple », p. 93-110.

(12) Je renvoie ici à mon article De Vatican II à la nouvelle évangélisation : à l’écoute des signes des temps ?, dans Les Cahiers de l’Atelier, n°537, avril-juin 2013, où je posais la question : le Royaume ne serait-il pas le grand oublié de la nouvelle évangélisation ?

(13) Sur l’humilité, lire « une spiritualité missionnaire » in J.-P. Roche, La nouvelle évangélisation, op. cit. p. 96-97.

 

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Une parole de Jésus  qui révolutionne l’humanité

 

Les évangélistes Matthieu, Marc et Luc relatent la dernière cène durant laquelle Jésus rompt le pain en disant  à ses disciples : « Prenez, ceci est mon corps ». Il prend la coupe de vin et la donne à ses disciples en leur disant « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance versé pour la multitude. » Avant d’être arrêté, Jésus réalise ce qui avait tant décontenancé certains de ses disciples à tel point que certains l’avaient quitté. Ce jour là, Jésus avait annoncé qu’il allait donner sa chair à manger : « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde vive. » Il y avait de quoi être décontenancé par cette annonce relatée par l’évangélise Jean (Jn 6-51) 

Par contre, cet évangéliste remplace la dernière cène  par le lavement des pieds. Seul Pierre sera offusqué de ce que Jésus se mette à genoux devant lui pour accomplir un geste d’accueil habituellement fait par un esclave (quand il y en avait un dans le demeure).  L’Eglise a tenu à garder mémoire de ce geste de Jésus car il a transformé un geste d’accueil réservé à l’esclave en un geste symbolique d’amour à tel point que Saint Bernard considérait le lavement des pieds comme un sacrement au même titre que le Baptême et l’Eucharistie.

Dans le récit de la dernière cène, seul Luc a ajouté ces paroles de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi. » Par contre, Jésus n’avait pas demandé à ses apôtres de faire son geste du lavement des pieds en mémoire de lui. Des exégètes pensent que Jésus s’est sans doute inspiré du geste prophétique de cette femme ‘impure’ qui lui a versé de l’huile parfumée sur les pieds pour exprimer à sa façon, son amour pour ses disciples.  Jésus a commenté ce geste par ces mots : « Partout où sera proclamé cet Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait. » (Mtt 26,13)

Jésus n’a pas demandé à ses disciples de refaire ce geste du lavement des pieds en mémoire de lui mais il a proclamé son commandement nouveau : « Lavez-vous les pieds les uns des autres. » Ce commandement est nouveau dans l’histoire biblique. Le mot hébreux correspondant à ‘les uns les autres’ ou ‘réciproquement’ est cité 35 fois dans l’Ancien Testament et 83 fois dans le Nouveau. Et dans le Nouveau Testament, il ne s’agit plus d’une communication verbale mais d'une façon de vivre la charité à l’image de l’amour qui unit le Père et son Fils incarné qui ont, tous les deux, une égale dignité.  Après le repas pascal pris avec ses apôtres, Jésus révèle le mystère de son geste dans sa prière à son Père : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie... Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient un en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé…» (Jn 17) Jésus va lui-même envoyer ses apôtres dans le monde pour qu’ils s’associent à l’œuvre créatrice de son Père en travaillant à l’unité des Hommes entre eux par un amour réciproque, reflet de l’amour qui unit le Père et le Fils dans l’Esprit. 

              Laver les pieds à l’autre et accepter que l’autre vous lave les pieds sont une véritable révolution dans l’histoire humaine. Ce geste demande beaucoup d’humilité de part et d’autre, un sens du pardon reçu et donné et une soif de vérité car on accepte le regard de l’autre sur la propreté de ses propres pieds.

Notre époque marquée par la violence sous bien des formes a besoin de cette révolution. Il suffit de prendre deux faces de notre vie en société pour l’illustrer.

Le débat des politiciens entre eux reflète l’état de notre société. Combien de fois nous entendons le débat politique se résumer à ces mots : ‘L’opposition a totalement tort et nous, la majorité, nous sommes seuls à avoir raison’ Vivre avec un cœur humble, ouvert au dialogue et au partage est une véritable révolution dans la façon de vivre ensemble. Cette vie façonnée par le  respect et l’estime réciproque sera source de dignité tant recherchée pour tous.

 

Dans le contexte actuel, notre époque est marquée par les problèmes que  soulève l’émigration. Malgré tous les problèmes d’accueil que soulèvent ces personnes fuyants la violence, le manque de liberté, de travail… l’émigration peut être vécue aussi comme une chance que permet le fait de se laver les pieds les uns des autres. Chaque peuple peut être fier et heureux de sa culture et c'est très bon, mais accueillir la culture de l'autre déplace chacun (c'est ce qui est dur) et enrichit chacun. Au final, chaque culture s'en trouve grandie, purifiée. Il ne s'agit pas de se renier mais au contraire de s'élargir. Cela bien sûr à la condition que l'autre accepte aussi de faire un pas. L’égalité tant proclamée et désirée aujourd’hui ne se confondra plus avec l’égalitarisme.

 

Se laver les pieds les uns les autres même en communauté chrétienne peut révolutionner aussi la vie en Eglise. Se laver les pieds les uns les autres n’exige pas d’avoir un ministre ordonné pour prendre l’initiative de créer des gestes d’amour réciproque qui peuvent bouleverser la vie du monde et celle d’une communauté chrétienne. Et l’initiative peut venir aussi de l’Esprit Saint qui agit dans tous les cœurs des hommes et des femmes accueillants. L’Esprit d’amour a bien provoqué Paul, parti persécuter les chrétiens de Damas : celui-ci a été amené à changer de regard sur les chrétiens. De même, l'Esprit a bousculé Pierre en l’invitant à partir rencontrer un officier romain à qui il déclara : « Comme vous savez, c’est un crime pour un juif que d’avoir des relations suivies ou même quelque contact avec un étranger… Dieu vient de me faire comprendre qu’il ne fallait déclarer immonde ou impur aucun homme. » (Ac 10,28) Les six frères qui accompagnaient Pierre se dirent que maintenant, le don de l’Esprit était répandu sur les nations païennes.

Dans le sacrement de l’Eucharistie - lavement des pieds, Jésus unit la justice et l’amour. Par la fraction du pain, Jésus éclaire et nourrit la vie spirituelle par le don de sa vie à l’humanité. Par le lavement des pieds, Jésus exprime ce qu’il attend à l’avenir de ses disciples : qu’ils marchent sur les chemins tracés par tous ceux et celles qui travaillent pour la justice et qu’ils se laissent surprendre par l’action de l’Esprit en tout homme. ‘Envoie ton Esprit, qu’il crée avec nous tous un monde nouveau.’

 

Jésus ressuscité nous donne aujourd’hui son Esprit d’amour pour que nos communautés vivent le présent en étant fidèle à Jésus et aux apôtres qui ont donné naissance à l’Eglise avec l’Esprit : « C’était nos péchés qu’il portait, dans son corps, sur le bois, afin que morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. » (1 P 2, 24) Ceux et celles qui dans l’Eglise essayent de transformer la vie de l’humanité de tous les jours en une vie de respect mutuel, de partage réciproque, d’amour qui lie pour l’éternité les hommes entre eux, qui transforme l’humanité dispersée en un corps… donnent une âme à l’Eglise et  cassent les murs qui séparent les membres de l’Eglise de leurs frères et sœurs qui cherchent à rendre le monde plus humain. 

 

                                         Marie-Madeleine Jaubert    Robert Pousseur

Cet article doit beaucoup à la réflexion du Fr. Olivier Quenardel, abbé de Citeaux paru dans Le Lien n° 189

 

 

 

 

 

Mgr Nassar de Damas et le père Daou du Liban

comptent sur nous.

 

Père Elie Daou, curé d’une paroisse au Nord Liban, nous a envoyé des nouvelles de son pays. En voici quelques extraits : « Les réfugiés continuent d’affluer. Nous avons accueillis des familles syriaques et j’ai donné un cadeau à une fille de trois ans en signe de bienvenue. Depuis, je suis pour elle le Père cadeau… La présence de nos frères syriaques ont le chic d’avoir un accent qui varie selon leur village. Yousef, 5 ans, va à l’école mais ne comprend rien. Ce qui est étonnant, c’est qu’il comprend beaucoup de choses par le regard et le cœur.  Heureusement, il a choisi une petite copine blonde, aux yeux clairs qui l’ai de à comprendre la maîtresse. Si, dans notre monde, encore plus de personnes étaient capables de poser un regard d’amitiés et de tendresse sur ceux qui sont innocents et démunis, notre monde aurait un goût du paradis. Notre paroisse a accueilli plus de 100 familles. Je viens de fêter mon anniversaire d’ordination. J’ai tenu à vivre ce temps d’action de grâces avec 75 employées philippines. J’ai tenu à vivre cette fête avec des personnes qui quittent leur pays pour venir travailler à ce que les libanais eux-mêmes ne veulent pas faire comme travaux. »

Ce que le père Daou nous partage rend très vivant le chemin de croix que nous a envoyé Mgr. Samir Nassar, archevêque maronite à Damas en Syrie. Grâce à eux, nous pouvons communier à la souffrance, à l’espérance et à l’action de leurs communautés qui creusent un chemin de paix dans leur pays ravagé par la guerre.

Le moindre signe de notre part à Mgr Nassar, évêque maronite de Damas, est source de joie et d’espérance pour sa communauté :  mgrsamirnassar@gmail.com

 

CHEMIN DE CROIX 2015

médité par des familles  syriennes réfugiées et sinistrées.

" Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux." (Mt 5,10)

 

PREMIERE STATION: JESUS CONDAMNE A MORT:

 

"..Pilate livra Jésus pour qu'il soit crucifié"  (Mt 15, 12-13.)

Un innocent condamné à mort. Quelle justice !

Seigneur nos familles se sentent dans leur souffrance bien proches de toi,

victimes innocentes à ton image.. Forcées par la violence et la persécution de quitter: maisons, écoles, paroisses, villages, voisins, amis, cimetières;

pour vivre dans des camps de réfugiés dans la misère et l'indifférence.

Pilate est toujours là à nourrir l'injustice.

Seigneur éclaire l'esprit de ces " juges" et fais de nous des messagers de justice.

 

DEUXIEME STATION: JESUS EST CHARGE DE LA CROIX:

 

"..puis ils l'emmenèrent pour le crucifier.."( Mc 15,20)

Jésus est livré aux soldats, celui qui :" rien de ce qui s'est fait  ne s'est fait sans lui." (Jn 1,3)

baisse la tête et marche humilié portant la croix sans défense..

Seigneur Jésus, la force du mal continue à sévir et détruire. tu t'es identifié Seigneur  aux plus faibles , regarde nos familles  fragilisées, humiliées et déchirées par la violence..

Elles sont victimes de l'injustice comme toi.

Donne leur la force de pouvoir porter la croix et garder la foi et

L'espérance en toi.


 

TROISIEME STATION: JESUS TOMBE POUR LA 1ére  FOIS:

 

" ..Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes." (Isaïe 53,5)

Celui qui a porté la paix au monde, blessé par nos péchés, tombe sous le fardeau de nos fautes..

Nous sommes Seigneur écrasés

par le poids de la croix et les grandes désolations qui nous entourent.

Nombreux sont nos égoïsmes et nos faiblesses qui nous tirent vers le bas...

Relève nous Seigneur de nos chutes, ramène notre esprit à ta vérité.

 

4éme STATION: JESUS RENCONTRE SA MERE

 

"..Toi même un glaive te transpercera l'âme." (Isaïe 53,5)

Blessé et souffrant portant la croix de l'humanité,

Jésus rencontre sa mère et sur son visage toute l'humanité.

De cette souffrance mutuelle  entre fils et mère, naît une humanité nouvelle..

O Marie Mère de Dieu, vous avez pu voir votre fils même souffrant,

aide nos mamans qui sont privées de voir leurs enfants

qui souffrent et meurent tout seuls loin d'elles..

Dans notre vie quotidienne, enfants et parents peuvent se faire souffrir mutuellement.

Aide nous Seigneur à transformer nos familles et nos patries

en espace d'amour et de sérénité à l'image de la Sainte Famille.

 

5éme STATION: SIMON DE CYRENE AIDE JESUS A PORTER SA CROIX

 

"..ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus." (Luc 23, 26)

Cette rencontre silencieuse entre Jésus et Simon de Cyrène  est une leçon de vie…

Deux regards se sont croisés, un discours qui en dit beaucoup…

La souffrance accueillie dans la foi trace un chemin de salut.

Seigneur, nos familles sont laissées seules à leur malheur.

Elles attendent  une main, un cœur, un  "Simon de Cyrène "

que tu mets sur  leur traversée du désert..

 

6éme STATION: VERONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JESUS

 

"..C'est ta face Seigneur que je cherche, ne me cache pas ta face." (Ps 27,8-9)

Véronique effectue un geste symbolique  très fort.

Elle vient essuyer la douleur de ton visage.

Un geste de foi qui exprime son amour pour toi.

Ce visage reste imprimé dans la tradition chrétienne.

Qui va essuyer les visages blessés

de nos frères, de nos mamans qui pleurent leurs enfants  et leur détresse ?

Donne nous Seigneur à voir ta face dans celui  des pauvres persécutés

et  les victimes  innocentes des violences et des injustices.

 

7éme STATION: JESUS TOMBE POUR LA DEUXIEME FOI

 

"… Ne sois pas loin: l'angoisse est proche, je n'ai personne pour m'aider." (Ps 22, 8-12)

Cette deuxième chute sous la croix est signe de solitude dans la souffrance.

L'injustice et la violence enfoncent le petit peuple dans  le gouffre.

Votre solitude Seigneur rejoint l'isolement des plus pauvres,

victimes de l'égoïsme mondial.

Viens Esprit Saint consoler, fortifier  et semer l'espérance aux cœurs de ces opprimés

afin qu'unis au Christ soient des témoins de son amour universel.

 

8éme STATION: JESUS RENCONTRE LES FEMMES DE JERUSALEM

 

" Femmes de Jérusalem ne pleurez pas sur moi! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants."

(Luc 23, 27-28)

Ces femmes ne voient dans la croix  qu'un signe de malédiction.

Alors que le Seigneur la vit comme moyen de rédemption

essuyant les péchés, consolant les opprimés..

Il a ouvert les yeux femmes à la vérité pascale..

Seigneur, nos mamans blessées et laissées à leur souffrance,

ont besoin de ta consolation et réconfort..

O Christ  souffrant, soit leur paix et le baume de leurs blessures.

 

9éme STATION: JESUS TOMBE POUR LA TROISIEME FOIS

 

"…Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort est ressuscité pour eux." (Cor 5, 14-15)

Pour la troisième fois Jésus tombe sous la croix

et malgré l'épuisement de ses forces, il cherche à se relever.

Seigneur ce petit peuple épuisé et affaibli rassemble ses forces pour se relever en vain.

Nos divisions sont profondes.

Celles de l'Eglise aussi.

L'unité des chrétiens s'éloigne de la filiation divine.

Seigneur aide nous  à se relever et avancer sur le chemin du pardon

et de l'unité qui jaillit de tes souffrances salvatrices.

 

10éme STATION: JESUS EST DEPOUILLE DE SES VETEMENTS

 

"..Ils partagèrent entre eux mes habits et tirèrent au sort mon vêtement…" ( Ps 22, 19)

Tu as porté Seigneur notre humanité et les nombreuses victimes

des violences aveugles sont démunies et ne peuvent que rejoindre

votre souffrance libératrice de ton amour infini.

Accorde Seigneur à nos pauvres réfugiés dépouillés par diverses difficultés

de vaincre la peur et de rester attachés à cette terre sainte

qui se vide de ses chrétiens, derniers témoins de ta parole…

Apprends nous Seigneur à se détacher des biens matériels

pour vivre dans tes sillages la pauvreté évangélique.

 

11éme STATION: JESUS CLOUE SUR LA CROIX

 

"..Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placé sur la croix avec cette insigne :

Jésus le Nazaréen roi des Juifs." (Jn 19, 16)

Seigneur Jésus tu as été crucifié pour nos péchés.

Chaque coup de marteau résonne nos cœurs.

Nos enfants sont martyrisés, sacrifiés avec sauvagerie dans des violences sans but.

Ces jeunes opprimés sont bien proches de ton calvaire.

Seigneur, que tes souffrances libératrices,

libèrent ces jeunes et ces familles de leur esclavage pour découvrir ta face divine.


 

12éme STATION:JESUS MEURT SUR LA CROIX

 

"..Père entre tes mains je remets mon esprit." (Lc 23,46)

Ce cri d'abandon brise le mur du silence et ouvre la voie de liberté.

Tout le sens de la croix prend sa valeur dans cette souffrance salvatrice.

Ces victimes innocentes ne sont pas mortes pour rien.

Par ta mort Seigneur, tu as ouvert la porte du royaume, de la vie éternelle.

La mort ne nous écrasera pas.

La mort nous introduit dans ta Résurrection.

Ouvre Seigneur les cœurs de ceux qui mettent en danger la vie des autres,

Fais les découvrir la valeur de la vie humaine reflet de ta divinité.

 

13éme STATION: JESUS CONFIE A SA MERE

 

"..Puis il dit au disciple: voici ta mère." (Jn 19, 26)

Seigneur Jésus, celui qui t'aime reste à côté de toi.

Marie est le modèle de cet amour, modèle de notre foi.

O Marie, notre Mère, nous déposons entre tes mains nos martyrs, nos réfugiés, les torturés de l'injustice, de la haine et de l'exclusion.

Nous te confions ô chère Mère

nos enfants sans écoles, nos malades sans soins, nos réfugiés sans toit.

Fais Seigneur que le sang des victimes innocentes

soit la semence d'une nouvelle société fraternelle, pacifique et plus juste.

 

14éme STATION:JESUS MIS AU TOMBEAU

 

" Ils prirent le corps de Jésus et ils l'enveloppèrent d'un linceul." (Jn 19, 39)

Heureux soit Nicodème qui reçoit le corps de Jésus, le soigne et le dépose au tombeau.

Jésus se laisse crucifié dans le même abandon

entièrement remis entre les mains des hommes et parfaitement uni à eux.

En effet par le baptême de sa mort

nous avons été mis au tombeau avec lui

et la vie nouvelle  jaillit du tombeau…

De nos ténèbres tombeaux,

fais jaillir Seigneur la lumière de la Résurrection.

Donne –nous Seigneur la grâce de choisir ton chemin de croix libérateur

et de garder forte la foi et l'espérance.

Fais de nous Seigneur des enfants de lumière qui ne craignent plus les ténèbres…

Fais Seigneur que notre chemin de croix

aboutisse vers le pardon, la réconciliation et la paix à la lumière du Ressuscité.

 

                                                  Commission épiscopale pour  la famille en Syrie.

 

 

 

Quand des chrétiens et des musulmans sèment ensemble la justice

 

 

- EPNT : A quelle occasion avez-vous rencontré des musulmans ?

- Prêtre, j’ai été nommé curé dans une ville qui avait déjà une longue histoire avec la communauté musulmane. Une des paroisses ouvrières de la ville provoquaient des rencontres de quartier où des musulmans participaient activement. Les prêtres ouvriers engagés dans le syndicalisme luttaient avec eux. Peu après mon arrivée, une délégation musulmane est venue me demander s’il était possible de leur trouver un lieu de prière. Ayant réfléchi avec les prêtres, religieuses et laïcs en responsabilité dans les paroisses, nous leur avons proposé une salle paroissiale, un lieu de purification et un logement pour l’Imam ; et cela en attente d’une proposition par la mairie d’un terrain où ils pourraient construire une mosquée. Ayant été attaqué par le front National dans une de leur revue, nous avons été amenés à provoquer une assemblée paroissiale pour expliquer le sens de notre accueil car notre initiative avait provoqué des réticences de la part de certains.

- EPNT : Est-ce que votre accueil a eu des suites ?

- Une femme habitant une cité ouvrière a reçu la visite de deux filles lui demandant si elle pouvait les accueillir chez elle après la classe  pour qu’elles aient un endroit calme pour faire leurs devoirs. Elle leur a demandé si d’autres filles étaient dans la même situation qu’elles et  leur a posé la question : Pourquoi ne pas se retrouver avec elles ici et vous prendre en mains vous-mêmes ? Cette prise en charge de jeunes cherchant à réussir leur vie a permis à des jeunes, de culture ouvrière et de religions différentes, de prendre ensemble des responsabilités dans l’association qu’elles ont créée. Comme leurs activités ont débordé le cadre scolaire, elles m’ont demandé de participer à l’association qui a pris racine dans la paroisse. J’ai tenu à ce que leurs familles sachent que je les accompagnais comme prêtre.

 

- EPNT : Qu’avez vous découvert ?

- J’ai découvert des filles de tradition musulmanes qui ne voulaient pas avoir la même vie que leur maman. Elles trouvent que celles-ci ne sont pas libres à la maison, qu’elles et leurs filles font tout pendant que les garçons jouent et se font servir par leurs sœurs ou leur mère. J’ai admiré leur courage pour partager ce qui les préoccupait devant les autres filles n’étaient pas de cette tradition.

Quand on a partagé comment notre foi ou notre incroyance nous donnait une force pour réaliser nos projets, les non-croyantes ont demandé pourquoi on les jugeait comme non-croyantes alors qu’elles croient à l’amitié, à la vie de famille, à leur avenir… Elles ont demandé qu’on les appelle ‘Croyantes autrement’ car elles avaient elles aussi une force en elle à partager avec les autres.

 

- EPNT : Votre lien avec ces musulmans a-t-il changé votre regard ?

- J’ai d’abord acheté un Coran et un livre sur la vie de Mahomed. J’ai découvert que Mahomed avait fait faire un grand pas à la liberté des femmes en leur octroyant 1/3 de l’héritage familial qu’elles pouvaient gérer comme elles l’entendaient. Quant à leurs maris, ils héritaient des 2/3, mais avaient l’obligation d’adopter leurs neveux et nièces s’ils devenaient orphelins.  

Les musulmans que j’ai connus sont tous des sunnites qui se soumettent scrupuleusement au Coran. Dialoguant avec un garçon musulman sur la prière, il me confia qu’il ne priait jamais. « Tu ne confies pas ta vie à Dieu ? » Oui, souvent le soir mais je ne fais pas les cinq prières avec un tapis. Sa réponse m’a interrogé sur ma façon d’écouter ceux qui ne sont pas de ma religion et de ma culture.

 

- EPNT : Que ces musulmans soient sunnites ou chiites, est-ce que cela a de l’importance ?  - Avant de dire un mot sur la différence entre chiisme et sunnisme, il est bon de se mettre en mémoire que le Coran n’est pas un livre dogmatique mais un livre de pratiques. La Bible hébraïque  apporte à l’humanité cette vérité que Dieu est unique et  ne se confond pas avec le monde qu’il a créé ; et pourtant, Dieu est présent au monde, il est attentif à tous les hommes et donne sens à l’histoire humaine. Les évangélistes révèlent à l’humanité que le Fils de Dieu s’est fait chair et qu’il a manifesté à l’humanité un amour qui a été jusqu’au pardon alors qu’il a été mis à mort sur une croix,  et que cet amour de Dieu pour les hommes est victorieux de la mort, par la résurrection du Christ. Le Coran ne révèle rien de nouveau sur Dieu. Il est même en retrait par rapport au Décalogue : ‘Tu ne tueras pas…’ Le prophète Mahomed a reçu une révélation au moment de partir en guerre contre les mecquois: «L’autorisation de combattre est donnée à ceux qui luttent parce qu’on leur a fait tort. Dieu est capable de leur donner la victoire… » (22, 39-40)   « Combats-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit toute entière pour Dieu. » (Sourate 8,39) Les juifs se méfient de plus en plus du prophète. Le prophète recommande à ses disciples de se méfier : « Ils feront tout leur possible pour vous ruiner et aiment vous causer des ennuis. La haine apparaît dans ce qui sort de leur bouche et ce que leur poitrine recèle est pire encore. » (Sourate 3,118) On est loin d’être les trois religions du livre.

 

Abordons maintenant la différence entre chiisme et sunnisme On ne peut pas comparer la scission séparation ? Des catholiques avec les protestants avec la scission du chiisme et du sunnisme qui remonte aux premiers temps de l'Islam. Après la mort du prophète Mahomet (632 après J.C.), la question s’est posée de savoir qui prendrait la tête du "peuple des croyants" ? Les sunnites pensaient que celui qui devait prendre la succession de Mahomet pouvait être un simple membre de la communauté des croyants ; tandis que les chiites voulaient que ce soit Ali, le gendre et cousin du Prophète, qui prenne le califat (c'est-à-dire la "succession"). Après de multiples contestations et des assassinats, deux courants se font face depuis dans l’Islam :

Pour les sunnites, le cycle de la prophétie est clos avec la mort de Mahomet. Ce courant sera traditionnel, leur référence étant le Coran. Le chef de la communauté musulmane sunnite est le calife, un homme ordinaire, et non un homme près de Dieu. Il est élu par d'autres hommes dans la communauté des fidèles.

Le descendant de Mahomet, Ali, a été assassiné. Aussi, les chiites attendent et préparent l'arrivée du "Mahdi", sorte de Messie qui "comblera la terre de justice et d'équité, autant qu'elle est actuellement remplie d'injustice et de tyrannie". Aussi, les chiites remettent en cause l'ordre qui règne dans le monde. Quand Khomeiny est rentré en Iran, il a été accueilli comme le ‘Mahdi’ tant attendu. Les chiites (ceux qui "prennent le parti" d'Ali) accordent beaucoup plus d'importance à leurs dirigeants religieux que les sunnites. Pour les chiites, il n’y a pas que le Coran car leurs imams tirent directement leur autorité de Dieu.

 

- EPNT : Avez-vous des échos de ce qui se vit en France ?

- A l’heure actuelle, les occasions de rencontre entre les chrétiens et les musulmans sont nombreuses. Dans beaucoup d’endroits sont organisées des rencontres régulières, portant sur le partage de la vie et les points de rencontres de nos traditions différentes. Mais l’expérience prouve qu’on avance bien dans l’échange quand il porte sur la vie partagée et sur ce qu’on veut améliorer ensemble, dans le quartier, au travail, à l’école, dans les associations… Mais par contre, le dialogue est vite bloqué quand on cherche à débattre des questions théologiques.

 

- EPNT : Un dernier mot ?

- Les musulmans que j’accompagne ne sont pas pour la violence. Certains mêmes sont choqués par ceux d’entre eux qui, dans le monde, professent leur foi au Dieu unique et à son prophète, mais qui sont pour la violence. « Dieu ne peut pas accepter qu’on tue les autres. » Ils se ‘soumettent à la volonté de Dieu infiniment bon’ avec beaucoup de courage et ils n’hésitent pas à témoigner de leur foi. Je suis témoin que notre vie ensemble nous a tous enrichis.  Comme l’écrit l’apôtre Paul aux Romains, nous sommes tous pécheurs et tous aimés de Dieu.       Décembre 2014

 

 


L'Eucharistie

 

 

Les textes de référence pour la Foi vécue en Église

Livres sur la Foi vécue en Église

 

 

 

 

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