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CE PAPE qui dérange, dérange-t-il nos diocèses ?

 

 

 

Virginie Riva, docteure en science politique et correspondante d’Europe 1 à Rome, esquisse un portrait singulier du pape, bien souvent à contre courant de la perception que les médias français en donnent. 

 

Les chantiers ouverts par le Pape

 

Depuis qu’il est élu, les chantiers ouverts par le Pape sont nombreux : réflexion sur les bouleversements contemporains sur la famille vécus différemment dans chaque continent, accueil dans l’Eglise des personnes homosexuelles et des divorcés remariés, réforme de la Curie, prise en charge des problèmes de pédophilie, assainissement des finances du Vatican, sans oublier que son style de vie, le choix de ses visites à ‘la périphérie’, ses rencontres avec les plus démunis bouleversent l’image que l’on se fait d’un Pape.

 

  Le pape cherche à changer le visage de l’Eglise

 

François est en train d’entraîner les communautés chrétiennes vers le Christ qui est allé à la rencontre des blessés de la vie. Aujourd’hui, il est urgent d’annoncer l’Evangile de façon renouvelée, non pas seulement par des discours mais par des actes concrets, parlant aux plus démunis. L’Eglise ne doit plus avoir le visage d’une forteresse assiégée par tout ce qui n’est pas elle ni avoir un regard uniquement négatif sur le monde qui traverse une crise culturelle sans précédent. Les disciples de Jésus doivent prendre en compte leurs propres difficultés de la vie et celles  de leurs compagnons de route. Les Eglises diocésaines et les communautés chrétiennes doivent prendre comme option pastorale d’être solidaire des blessés de la vie, des pauvres et d’accompagner ceux et celles qui sèment dans ce monde tourmenté des graines de justice, de vérité et d’amour réciproque. Pour ce Pape, l’amour passe avant la morale. Cela permettra que, dans chaque pays ou région, soient cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions locales et aux défis locaux. C’est une option missionnaire incroyable. « Le pape éprouve une urgence à engager une changement irréversible. » (p 169)

 

Le Pape dérange-t-il les diocèse

 

L’auteure conclu ces défis lancés à tous les disciples de Jésus par cette interrogation : « Un pape qui dérange peut-il changer l’Eglise ? » Ayant interrogés un certain nombre de catholiques qui admirent le courage du Pape et son audace, je leur ai demandé si dans leur diocèse, de nouvelles priorités pastorales ont été prises, si ceux qui vivent dans la mouvance de François étaient mieux reconnus dans leur diocèse.  La majorité des prêtres, des religieux (ses) et des laïcs impliqués dans la vie de leur diocèse ont répondu négativement. La question serait alors plutôt celle-ci : «  Ce Pape qui dérange l’Eglise bouleverse-il aujourd’hui la vie de votre diocèse ? »

Février 2017                                      R. Pousseur

 

J. A. Pagola veut réveiller dans la société moderne le ‘désir de Jésus’

 

 

José Antonio Pagola, prêtre, a été directeur de la Faculté de théologie et de pastorale de Saint-Sébastien. En écrivant Jésus, approche historique, il veut réveiller dans la société moderne le ‘désir de Jésus’ qui détient la meilleure nouvelle que les hommes et femmes puissent entendre aujourd’hui. Son livre suggère un chemin sur lequel le lecteur peut faire les premiers pas vers le mystère de cet homme. Pour cela, il fait découvrir Jésus avec les yeux de ses contemporains. Les événements qui ont marqué Jésus, ses gestes et paroles sont remis dans son contexte historique. L’auteur s’efforce de répondre à des questions telles que : ‘Comment était Jésus ?’ ‘Comment a-t-il compris sa vie ?’ ‘Quelles sont les lignes de force de son activité ?’ ‘Pourquoi a-t-il été exécuté ?’ ‘Sa mort met-elle le point final à sa vie ?’

 

 

 

Dieu n’appartient ni à un peuple ni à une race concrète.

 

Pour Jésus, Dieu son Père habitait le peuple de l’Alliance de façon invisible et mystérieuse. Par son attitude, il fait découvrir que Dieu n’appartient ni à un peuple ni à une race concrète. Il n’est la propriété d’aucune religion. Dieu ne s’est lié à aucun lieu sacré. Dieu appartient à tous. Jésus va tout reconsidérer à partir de l’universalité de l’amour de Dieu. Pour Jésus, tous les hommes et les femmes peuvent ressentir la proximité de Dieu, les délassés comme les méprisés. Le cœur de Jésus brûle au plus profond de lui car il fait la volonté de son Père : annoncer que Dieu vient libérer l’humanité des souffrances et de toute forme d’oppression. « L’implantation du Royaume de Dieu doit commencer là où le peuple est le plus humilié. Ces gens misérables, faméliques, ces déshérités sont les ‘brebis perdues’… Le royaume de Dieu se trouve là où se produisent de bonnes choses pour les pauvres. » (P 99) Pour Jésus, c’est la vie qui passe en premier, pas la religion. Bien souvent, Jésus va désorienter ses auditeurs, surtout ceux qui attendaient de la part du Messie une libération politique : être délivré de l’occupation romaine et de touts les compromissions de certains responsables religieux.

 

Jésus veut pour tous une vie plus digne et plus heureuse

 

Le grand tournant dans la vie de Jésus a été son baptême dans le Jourdain. Jean-Baptiste, prophète dans le désert, annonce un événement divin. Il appelle son peuple à se convertir car Dieu va se manifester très prochainement.  Jean-Baptiste provoque ses disciples à venir s’y préparer en reconnaissant leurs péchés personnels. Jésus ne reste pas auprès du Baptiste mais part en Galilée avec ses premiers disciples. Il témoigne par ses gestes et sa parole que Dieu le Père voulait pour ses enfants une vie plus digne et plus heureuse.

        José Antonio Pagola écrit de très belles pages sur la mort de Jésus et sur les disciples, hommes et femmes, qui font l’expérience que dans la vie de Jésus, la mort n’a pas eu le dernier mot.

Le Royaume de Dieu a été le centre de la vie de Jésus. Il a été sa passion car c’est le projet de Dieu : construire un Royaume de paix, de compassion et de justice. Jésus n’invite pas à chercher Dieu mais à chercher le Royaume de Dieu et sa justice. « Jésus introduit dans le monde la compassion de Dieu et appelle l’humanité à tourner son regard vers les plus démunis, à construire un monde plus juste en commençant par les plus oubliés, multiplier les gestes de bonté pour soulager les souffrances, montrer comment vivre dans la confiance en Dieu le Père qui cherche une vie heureuse pour ses fils et ses filles. » (p 488)

 

Pourquoi noircir la vie des contemporains de Jésus ?

 

Mais, en lisant Jésus Approche historique, le lecteur risque d’être mal à l’aise car l’auteur a tendance à noircir les contemporains de Jésus pour mettre en relief que Jésus a la meilleure Bonne Nouvelle pour l’humanité. Prenons simplement deux exemples : Dans la Galilée des années 30, l’auteur écrit que du temps de Jésus, un enfant n’était rien. Il est une créature chétive, dépendante, attendant tout de ses parents. Jésus a lui, un regard radicalement tout autre sur les enfants : ‘Laissez les petits enfants venir à moi… Le Royaume appartient aux enfants tout simplement parce que ce sont les plus faibles, les plus démunis… »  (P 256)  De même, l’auteur présente les apôtres comme des hommes pas cultivés. Quel mépris pour des artisans compétents ! Jésus n’était-il pas lui-même un artisan ? Combien de personnes l’ont abordé en criant leur souffrance et ayant soif d’être guéri par Jésus. Jésus les accueille en reconnaissant en eux une richesse précieuse, souvent cachée au cœur de ces criants. Il leur dit : « Ta foi… »

 

Les dernières recommandations de Jésus à ses disciples

 

Avant d’être arrêté, ne fait-il pas deux recommandations à ses disciples : ‘Lavez-vous les pieds les uns aux autres ». Jésus rappelle à ses apôtres qu’ils ne sont pas des purs envoyés chez les impurs  mais que tous sans exception ont besoin des autres pour avoir la joie après une journée, d’avoir des pieds débarrassés de toute irritation pour vivre ce repas en restant attentif aux autres..

De même, Jésus n’a jamais recommandé à ses disciples d’aimer les autres mais de s’aimer les uns les autres. Jésus recommande de se laisser aimer par les plus pauvres car tout homme a soif d’amour alors qu’une certaine générosité risque de rendre les autres dépendant de ceux ou celles qui ‘se penchent’ sur eux.  

Jésus a fait ces deux recommandations à ses disciples pour que leur vie et celle e leur communauté soit à l’image de Dieu-Trinité.

 

Février 2017                                                      R. Pousseur

 

 

 

Prier  avec Abraham accompagné par Dieu dans son aventure.

 

 

 

 

Après des milliers d’années de la naissance des de l’humanité, Abraham est le premier homme à qui Dieu s’adresse en lui demandant de quitter sa terre  et en lui promettant d’être le père de l’humanité aimée de Lui. Par cette promesse, Dieu lui révèle qu’il n’habite pas un temple, une civilisation mais va cheminer avec les hommes, les accompagnant dans leur recherche d’une vie plus digne, plus libre, plus ouverte aux autres.

Abraham est la figure de l’homme et de la femme qui prennent au sérieux les appels que Dieu adresse à ceux et celles qui l’écoutent et lui font confiance. Comme l’écrit Jean-Claude Millet dans la préface : « Je suis Abraham. Je suis celui qui prend le risque de sortir de ses territoires intérieurs familiers. Celui qui, comme Abram recevant le Hé, dans l’espérance, ne construit plus de murs pour se protéger de lui-même. »

Les pastels de Jacques Cadet et les poèmes de Corine Robet peuvent dérouter le lecteur ou la lectrice qui s’attend à découvrir un récit illustré de l’histoire d’Abraham. Dans Prier avec Abraham,  il faut prendre du temps pour faire sien les poèmes de Corine Robet et pour pénétrer dans les pastels de Jacques Cadet afin d’entrer dans le mystère d’Abraham qui a vécu une véritable aventure avec Dieu. C’est le chemin à prendre pour prier avec Abraham qui a eu une aventure marquée par une fidélité sans faille à Dieu, aventure marquée aussi par des mensonges quand il fait passer sa femme pour sa soeur, quand il découvre le vrai visage de Dieu qui retient son bras prêt à tuer son fils en sacrifice offert à Dieu. Cette aventure a permis à Abraham de parler à Dieu comme on parle avec un ami. Merci aux deux artistes qui nous font découvrir que le mystère d’Abraham est notre propre mystère.

Si vous désirer être en contact avec les auteurs, voici l’adresse de l’éditeur:

www.mercurart.com

 

Février 2017                                           R. Pousseur

Notre foi interrogée par les mutations culturelles

 

 

François Cheng a reçu une lettre d’une amie plus de trente ans après leur rencontre. Elle lui demande de lui parler de l’âme. Elle lui fait cette demande car c’est sur le tard qu’elle découvre une âme en elle. François Cheng a longuement gardé sur lui cette lettre. Il reconnaît que lui aussi a pensé à son âme mais il a vite étouffé sa réflexion car il ne voulait pas paraître ridicule. Finalement, il va écrire à son amie sept lettres qui traitent de l’âme. Il est difficile de présenter ce livre car ces sept messages provoquent le lecteur à réfléchir sur sa propre vie. Ce livre étant tellement riche, que les internautes veuillent m’excuser car ce qui est retenu dans cette recension n’est que ce qui m’a touché personnellement.

 

 

 

Aujourd’hui, parler de l’âme est rétrograde, ringard comme les religions.  Ce qui vient de l’âme est aujourd’hui secondaire, voire obsolète. Et pourtant chacun à sa vie intérieure, son intimité. Tous ont pour trait commun l’ardent amour de la vie. « Aujourd’hui, l’homme moderne est cet être revenu de tout, fier de ne croire à rien d’autre qu’à son propre pouvoir. Une confuse volonté de puissance le pousse à n’obéir à ses seuls désirs, à dominer la nature à sa guise, à ne reconnaître aucune référence qui déborderait sa vision unidimensionnelle et close. » (p 130) Il est de bon ton de ne jurer que par l’esprit qui  permet de penser, de raisonner, de concevoir, d’organiser, de réaliser, de savoir, de communiquer par un échange. L’esprit a un caractère général et a la capacité de comprendre et de rationaliser sa vie. L’esprit se développe dans un environnement culturel. On peut aussi le rendre prisonnier d’une idéologie figée ou des valeurs réductionnistes. « Une vérité nous saute aux yeux : la vraie vie ne se limite pas aux savoirs portant sur le comment des choses, savoirs dont le mérite est certain ; elle dans le désir même que chacun porte à la Vie, désir d’une vie ouverte en communion avec d’autres vies, dans une commune Présence où tout fait signe, tout prend sens. (p77)

Dans la vie courante, l’âme transparaît dans le regard et s’exprime par la voix. Sans âme, le corps n’est pas animé; sans corps, l’âme n’est pas incarnée. L’âme en nous permet de désirer, de ressentir, de nous émouvoir, de résonner, de conserver mémoire même enfouie, de communier par affect ou par amour, l’intelligence du cœur. L’âme fait de nous un être original ouvert à l’humanité, au cosmos et à l’indicible. L’âme est une étrange présence cachée. L’âme est une puissance qui nous permet de renaître, de nous renouveler. L’âme nous sollicite à créer du beau en utilisant de la matière, en faisant chanter l’invisible comme la poésie, en s’exprimant le bouillonnement intérieur  par les créations artistiques.

La vie humaine s’accompagne du désir de beau à partir de là, tout devient ouvert mais aussi mystérieux que la lumière, la beauté, l’amour.  « La beauté de la vie est un don précieux qui demande à être chéri, révèle, transfiguré, porté au plus haut degré de sa capacité de communion. » (p74) L’art pariétal nous a appris que de tous temps, l’homme a créé des chefs d’œuvre indépassables. Il en est de même pour les amoureux qui font l’expérience que chacun d’eux est unique et uni. Cette richesse humaine ne sont-elles pas le signe que l’âme est une force mystérieuse en l’homme ? « Au fond de notre être, nous savons que notre être… implique toujours un élan vers une possibilité d’être plus élevé. » (p 25)

Si notre époque prenait au sérieux cette vérité que nous rappelle l’auteur : l’homme est composé d’un corps, d’un esprit et d’une âme, nous appréhenderons la mondialisation autrement. François Cheng, membre de l’Académie Française, est chinois naturalisé français. Aussi, sa réflexion sur l’âme s’est nourrie non seulement de la sagesse chinoise mais aussi celle née en terre occidentale.

L’âme est la source de création : Comme le formule les sages chinois. ‘La vie engendre la vie.’

Pour l’occidental, dans la peinture, les personnages sont mis au premier plan. Dans la peinture classique chinoise, le personnage est petit et perdu au cœur de la nature, comme noyé dans la brume. Le chinois contemple la nature et y pénètre et finalement, se découvre le petit  personnage que l’univers l’accueille.

A propos de la mort, les sages chinois changent ont une vision de la mort que nous, occidentaux : « En Chine, on veille un mort c’est-à-dire une âme. »

              Simone Weil a une autre approche de l’âme qui enrichit notre réflexion sur l’âme : « La foi est l’expérience que l’intelligence est éclairée par l’amour. »

 

Janvier 2016                                             R. Pousseur

 

 

Jésus   Une biographie historique

 

Armand Puig i Tarrech, professeur de Nouveau Testament à la faculté de Théologie de Catalogne a écrit cette biographie de Jésus. Cette vie de Jésus, documentée et historique, répond à de nombreuses questions débattue sur Jésus : Qui était-il vraiment ? Comment a-t-il vécu ? Quel était son message ? Comment a-t-il fait face à la mort ? Que peut-on dire de sa résurrection dans une perspective historique ?  

Faire une recension de ce livre de 837 pages est au dessus de nos forces. Aussi, nous ne retiendrons que deux questions que posent toute biographie sur Jésus: Jésus avait-il des frères et soeurs et quelle différence entre le message de Jean le Baptiste et celui de Jésus ?

Jésus avait-il des frères et sœurs ? Ce point est discuté car dans les évangiles, il est de temps à autre question des frères de Jésus tout en remarquant que sur la croix, Jésus confie à Jean, son disciple sa mère qui n’est accompagnée d’aucun enfant. Armand Puig i Tarrech écrit dans Jésus Une biographie historique (Paru en 2016 chez DDB), à propos de la naissance de Jésus « qu’il n’est pas le fruit de  l’union sexuelle de Marie avec Joseph, son époux selon la Loi avec qui elle est unie par un accord matrimonial… Cette naissance contient un ‘secret’, un noyau qu’une critique historique rigoureuse, sans aucun a priori, se voit incapable de pénétrer et de résoudre. Et il poursuit en faisant cette remarque : Les réactions face à ce secret sont de trois ordres :

La réaction de Joseph, charpentier appelé à être le mari de Marie, enceinte de Jésus. Joseph, veuf et père de quatre fils et deux filles d’après la tradition, va entrer dans le secret de Marie enceinte pour vivre un amour très profond au service de l’enfant à naître.

La seconde réaction devant le mystère de tout être humain est le mépris car on pense que l’on pourra tout comprendre et expliquer grâce aux sciences humaines.

La troisième réaction fut celle des premiers Chrétiens : ils ont eu une réaction de foi devant les mystères de la naissance et de la résurrection de Jésus.

En tant qu’historien, l’auteur préfère la tradition orientale qui pense que Marie est restée vierge et que les frères et sœurs de Jésus seraient en fait pour Jésus des demi-frères et demi-sœurs plus âgés que lui.

Les premiers chrétiens croient que l’Esprit Saint crée la vie là où il n’y en a pas (l’annonce faite à Marie) et là ou il n’y a que corruption (la résurrection de Jésus).

 

Quelle est la différence de message de Jean et de Jésus ? Jean a été le prophète de la venue imminente de Dieu tandis que Jésus proclame la présence de Dieu dans l’histoire de l’humanité. Pour croire à cette présence, il faut croire à Jésus qui a rendu visible cette présence. Le baptême de Jean était  un signe provisoire qui anticipait le baptême dans l’Esprit et qui s’orientait  vers le pardon des péchés, pardon qui n’était pas encore advenu, mais qui aurait lieu dans l’avenir immédiat, au temps d’une manifestation imminente de Dieu.  A son baptême que Jean hésite à lui donner, Jésus est rempli de l’Esprit Saint et entend une voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé.» Après l’emprisonnement de Jean, Jésus ne baptise plus car Jésus considère qu’il est advenu le temps de l’accomplissement des prophéties annonçant une intervention de Dieu dans l’histoire de l’humanité.

Par les choix qu’il prend tout au long de sa vie, par ses gestes et ses paroles Jésus annonce que cette présence active de Dieu dans l’histoire de l’humanité est arrivée. Comme il est en intimité avec Dieu son Père, il fait de sa vie le reflet de l’amour de son Père pour tous les hommes est plus spécialement, les blessés de la vie. Jésus ira jusqu’à manifester que l’amour de son Père et le sien ne font qu’un quand il dira au paralysé : « Tes péchés te sont pardonnés. » (Lc 5,20) Les scribes et les pharisiens ne se trompent pas en pensant que Dieu seul peut pardonner les péchés. Sa vie et sa parole auront des répercussions dans l’histoire culturelle et artistique de le Moyen Orient et ensuite dans le monde.

En fermant ce livre passionnant, on garde le souvenir que Jésus a vécu pendant des dizaines d’années  une vie normale gardant en lui un mystère qui se manifestera les trois dernières années de sa vie : l’insondable amour que Jésus a eu pour ceux et celles qui sont venus à lui ou qu’il a pris l’initiative d’aller rencontrer.

Cette manifestation d’amour inimaginable s’ouvre sur un avenir au delà de la mort.

 

Septembre 2016                                                                                R. Pousseur

 

Le jour où Jésus a semé l’amour de Dieu

dans les ténèbres humaines

 

 

Vers l’an 550 avant notre ère, l’Esprit Saint a inspiré Isaïe ces paroles étonnantes :

« Mon serviteur réussira, il s’élèvera et sera exalté.

La multitude avait été consternée en le voyant

car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme.

De même, devant lui, les puissants resteront bouche béé,

car ils verront ce qu’on ne leur avait jamais dit,

ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. » (Is 52,13-15)

 

 

 

Marqué par la violence qui touche spécialement ces temps-ci le Moyen Orient (cf la dernière lettre reçue de Damas et les images diffusées par les TV sur les migrants et les attentats en Europe, en Afrique, en France, en Belgique…

Cette peinture d’Isabelle de Hédouville exprime ce que Isaïe a transmis au nom de Dieu et ce que beaucoup ont dans leur cœur cette semaine sainte.

 

Les couleurs choisies par l’artiste reflètent pour beaucoup la vie du monde d’aujourd’hui. Le noir fait allusion à l’obscurité de notre monde actuel et les traits noirs peuvent faire allusion à tous les murs qui les peuples se construisent par peur des ‘autres’.

 

L’artiste a peint des signes lumineux apparemment ne représentant rien de spécial. Comme devant tout œuvre d’art, chacun peut décider par soi-même ce que ces signes peuvent signifier. Ils peuvent faire penser à la parabole racontée par Dostoïevski dans Les frères Karamazov : A sa mort, une vielle mégère est amenée près du feu de l’enfer. Connaissant sa vie, son peuple croit qu’elle mérite d’être jetée dans le feu éternel. Mais elle tient dans sa main un morceau d’oignon qu’elle avait partagé autrefois avec une mendiante. C’est la seule bonne action de sa vie. Dieu envoie un ange qui la sauve de l’enfer à cause de cette unique belle action.  La parabole ne s’arrête pas avec le geste de l’ange mais Dostoïevski  décrit que chacun, qu’il ait été une disciple de mère Teresa ou un kamikaze,  a un morceau d’oignon qu’il emmène avec lui dans sa mort. Le tableau est lumineux grâce à ses ‘oignons partagés’

En faisant plus attention aux détails de cette peinture, on peut découvrir des traits lumineux représentant deux bras ouvert, comme prêt à accueillir, à prendre dans ses bras… Ces bras peuvent faire penser au père qui attend son fils qui a dépensé toute la part de son héritage. L’attente fut pour ce père un véritable chemin de croix. Jésus a inventé cette parabole pour parler de l’amour de son Père pour les hommes, ses enfants , En regardant de plus près cette peinture, on peut deviner que sur la croix, Jésus a les bras ouverts pour accueillir les milliards d’hommes, et femmes, de jeunes, d’enfants depuis que l’homme est homme. Allons plus loin : En sortant vivant du tombeau avec son corps, Jésus entraîne avec lui le cosmos.

 

Paul écrit au Ephésiens que « Jésus, par sa chair crucifiée, a détruit ce qui séparait les juifs des païens, le mur de la haine et il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Jésus a créé un seul Homme nouveau en faisant la paix… : Ce mystère n’avait pas été porté à l’ensemble des hommes des générations passées comme il a été révélé maintenant à ses saints apôtres et aux prophètes dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que  toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus par l’annonce de l’Evangile. » (Eph. 2 et 3)

 

Avril 2016                                              R. Pousseur

 

 

 

 

 

Le jour de sa résurrection,

Jésus inaugure des temps nouveaux pour l’humanité

 

 

Pour beaucoup de nos contemporains et peut-être nous-mêmes, l’idée d’une résurrection corporelle leur est complètement étrangère. Pour beaucoup de chrétiens occidentaux, la résurrection de Jésus qui inaugure la fin des temps et les prémices d’une création nouvelle pose bien des questions. Certains, influencés par la spiritualité orientale, sont attirés par la réincarnation qui donne sens à la mort. Quant aux juifs, ils attendent la résurrection uniquement pour la fin des temps. La résurrection de Jésus est une des lignes de partage entre foi chrétienne et foi juive. Quant à Mahomet, la mort du  prophète Jésus en croix est impensable car Dieu le Tout Puissant ne pouvait pas laisser le prophète Jésus mourir crucifié par les romains.

 

La résurrection, ce ‘quelque chose’ qui s’est réellement passé mais qui a échappé même aux apôtres, reste un mystère, une réalité que ceux qui ont la foi n’auront jamais fini d’approfondir. On ne peut y adhérer que par et dans la foi. Le Nouveau testament annonce que Jésus a été ‘réveillé’ par son Père des cieux alors qu’il reposait dans son tombeau. Dieu son Père a voulu que Jésus ne reste pas dans le royaume des morts mais soit élevé dans le domaine propre à Dieu lui-même, le royaume de la Vie. Une autre expression est utilisée dans le Nouveau Testament : Jésus ‘s’est relevé.’ Le terme ‘se relever’ désigne souvent dans la Bible le commencement d’une action. Cette expression rend mieux compte de l’impact de la résurrection sur l’histoire de l’humanité.  Par la résurrection   de Jésus et le don de l’Esprit Saint, l’humanité est entrée dans les temps qui sont derniers. « Celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » écrit Paul aux Romains.

 

Quand les apôtres parlent de résurrection, comme ils n’ont pas été témoins, ils parlent de ‘quelque chose’ qui s’est réellement passé mais qui leur échappe. Et ce ‘quelque chose’ a donné des fruits imprévisibles : les apôtres sont transformés à tel point qu’il n’ont plus peur des autorités religieuses et l’Eglise primitive a eu une croissance extraordinaire. cette résurrection que la foi juive attendait pour la fin des temps uniquement, la foi chrétienne l’insère dans l’historie par la résurrection de Jésus : l’eschatologie est désormais ancrée dans l’histoire.» (p 29) Le ressuscité prend l’initiative de se faire reconnaître pour que les yeux de ses disciples se dessillent. Il se fait reconnaître corporellement car pour la Bible, l’homme est son corps. La forme corporelle sous laquelle Jésus apparaît est en continuité avec celle que les disciples ont connue avant sa mort ; elle a une consistance indépendante des personnes qui en sont les bénéficiaires. Ce n’est pas un esprit mais un corps. » (p 80) Cette continuité s’accompagne d’une discontinuité car les apôtres ne voient pas Jésus comme avant mais le reconnaissent. Jésus ne leur a pas donné des preuves de sa résurrection mais des signes.

Il est à noter que ce sont des femmes qui ont été chargées d’aller dire aux apôtres : « Nous avons vu le Seigneur ! » En fait, le Seigneur s’est fait voir à Marie-Madeleine. Dans la tradition latine, Marie-Madeleine est nommée ‘Apôtre des apôtres.’ Aujourd’hui, Jésus continue de prendre l’initiative de venir à la rencontre des hommes et des femmes par sa Parole et par l’Eucharistie et par des femmes et des hommes qui mettent l’amour et la justice au cœur de leur vie. 

 

Avec Jésus ressuscité, l’humanité est entrée dans l’ordre de la création nouvelle grâce au don de l’Esprit qui est répandu sur toute chair. La résurrection introduit tous les hommes dans la vie de Dieu Père, Fils et Esprit car la personne humaine ne devient elle-même que dans sa dimension sociale, dans sa relation à d’autres. Dans la prière eucharistique n°2 (La plus ancienne, inspirée par la prière eucharistique d’Hippolyte de Rome vers 250 de notre ère), le célébrant prie le Père de "sanctifier le pain et le vin en répandant son Esprit pour qu’ils deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ". Jésus-Christ ressuscité qui continue à se livrer dans le pain et le vin ne va pas s’enfermer dans la matière du pain et du vin, mais le pain et le vin vont s’ouvrir à la présence du Christ-Jésus entré dans la gloire près de son Père. Dans le sacrement de l’Eucharistie, l’assemblée ne se réjouit pas seulement de la présence du ressuscité mais elle célèbre que l’humanité entraîne aussi le cosmos dans sa renaissance.  Le cosmos est en quelque sorte le ‘corps agrandi’ de l’homme. Paul n’a-t-il pas écrit aux Romains (8, 18-24) : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu… la création toute entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. Elle n’est pas la seule : nous aussi qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps. »

La résurrection de Jésus est le signe de l’amour de Dieu pour l’humanité d’un amour qui ne s’éteindra jamais et façonne l’homme créé à l’image de Jésus ressuscité.

 

Mars 2016                                                                                                                  R. Pousseur

 

 

 

 

Réussites et échecs sur le chemin de ma vie

 

 « La parole divine créatrice est une promesse d’humanité,

qui engage notre propre responsabilité. » P. Maurice Vidal

 

 

 

           1   « Réussites et échecs… sur le chemin de ma vie. »

 

C’est en arrivant au terme du chemin

que l’on peut découvrir le sens et la portée véritables

de nos réussites et de nos échecs.

 

 

 

Nous vivons chacune, chacun un cheminement. Notre vie trace un « chemin ». Bien sûr, à travers l’histoire cosmique et planétaire dont nous héritons, à travers notre époque, à travers notre famille et notre société, nous subissons nombre de conditionnements : structurels, culturels, psychologiques, sociologiques ou autres. Pourtant, quand nous regardons en arrière, nous pouvons vérifier que notre « chemin » et notre cheminement restaient largement imprévisibles, que ce soit du fait des hasards de nos rencontres ou des événements, que ce soit du fait de nos évolutions personnelles ou de nos choix, toujours à la fois conditionnés et relevant de notre liberté.

Parler de « chemin » et de cheminement, c’est dire que nos impressions du moment ne sont que nos impressions du moment : qu’est-ce qui se construit vraiment ou se détruit vraiment dans telle situation de vie ? La suite peut apporter des points de vue nouveaux, voire contradictoires. Je prends deux exemples bateau. Quand je demande aux « mariables » comment ils se sont connus et quel a été leur cheminement, j’entends de tout : depuis le coup de foudre immédiat qui s’est enrichi et confirmé peu à peu, jusqu’à une très vieille amitié qui, un jour, sans crier gare, a changé de nature ; dans ce dernier cas, le passé se revêt de couleurs toutes nouvelles, absolument invisibles jusqu’ici. Il y a aussi l’éducation des enfants : chacun fait pour le mieux avec les moyens qui sont les siens, mais c’est après coup qu’apparaissent les vraies richesses et les vraies limites, ou même les failles, d’une éducation…

Autrement dit, c’est seulement à la fin que l’on peut avoir une vision tout à fait juste des situations vécues, heureuses réussites autant que douloureux échecs. Je me souviens d’une émission TV sur les éléphants de mer. En voie d’extinction pour raison de chasse excessive, l’espèce n’existait plus que sur un seul emplacement. Protégée, elle s’est développée au point que la lutte pour l’espace vital est devenue très forte. Les loosers sont partis pour trouver refuge ailleurs… C’est ainsi que toute une côte américaine s’est repeuplée et que l’espèce a été sauvée : grâce aux loosers ! Qui l’eut cru ?

Eh bien, de l’appel d’Abraham, au livre de la Genèse (Gn 11,27-12,3), jusqu’à Jésus-Christ et à la vision de la Jérusalem céleste du livre de l’Apocalypse (Ap 21,1-6), c’est une histoire qui se déroule : une histoire dont le Christ est à la fois le moteur, le centre et l’aboutissement ; une histoire où se signifient le dessein et l’œuvre de Dieu non seulement envers son peuple mais aussi envers tous les Hommes. Et s’il est vrai qu’il faut attendre la fin pour avoir une vision tout-à-fait juste des situations vécues, tant heureuses que douloureuses, de notre vie tant personnelle que collective, nous ne pouvons aujourd’hui en avoir qu’une vision partielle, non seulement sur le moment mais aussi après coup. Nous ne sommes pas encore à la fin, le processus n’est pas achevé de ce qui se construit ou se détruit en nous, dans nos relations ou dans notre monde.

À ce partiel, il convient toutefois d’ajouter deux correctifs, ou plutôt deux compléments :

° D’abord, notre vue partielle n’est pas nulle : elle est une phase de ce qui se construit ou se détruit, une phase d’un processus largement imprévisible mais qui, évidemment, n’existerait pas sans ses phases successives.

° Ensuite, comme chrétiens, nous avons déjà sous les yeux le terme de l’Histoire humaine et même cosmique : le Christ.

« [Le Fils bien-aimé du Père] est l'Image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature (…) ; tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui. Et il est aussi la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Église (…) car Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude  et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. (…) Ce Christ, nous l'annonçons. » (Colossiens 1,15-28)

« [Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ] nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis :  ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ (…) C'est en lui encore que nous avons été mis à part (…) pour être, à la louange de sa gloire, ceux qui ont par avance espéré dans le Christ. » (Éphésiens 1,9-12)

C’est dire qu’en Jésus-Christ, fin de l’histoire humaine, nous avons déjà une pierre de touche des vraies réussites et des vrais échecs de nos vies. Je dis une pierre de touche : pas moins… mais pas plus ! Pour prendre une image, je dirai que, si nous ne connaissons pas le visage final de nos réussites et de nos échecs véritables, grâce à l’Évangile nous en percevons déjà la musique secrète, la musique intérieure.

Ces perspectives générales étant posées, entrons davantage dans le concret à partir de l’histoire biblique.

 

Mai 2015              Jacques Teissier  <jmontpezat@gmail.com>

 

 

2   Notre Dieu n’aime pas l’échec, il aime la vie

 

L’œuvre de Dieu,

c’est de faire vivre la vie qu’il a créée.

 

Quand Dieu agit, c’est toujours pour faire vivre la vie qui vient de lui. D’ailleurs, il est plutôt content de Lui. En plus, il ne désespère jamais de l’avenir de la vie.

° Quand il regarde sa création, il est satisfait : « Et Dieu vit que cela était bon » (Gn 1,24). Mais quand il regarde sa création avec la présence de l’Homme, alors là, Il est ravi : « Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon. » (Gn 1,31)

° L’Homme se laisse-t-il aveugler par la tentation de la suffisance (ce que nous appelons le "péché originel") ? Dieu ne fait pas de cadeau : l’Homme devra assumer les conséquences de son acte (cf. Gn 3,16-18). Mais Il n’abandonne pas à son mal cet Homme si bon dans son fond. « Le Seigneur Dieu » avertit le Tentateur qu’il n’aura pas le dernier mot : « Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon. » (Gn 3,15) ; puis il fait « pour Adam et sa femme des tuniques de peau » (Gn 3,21) afin de les protéger.

« Je suis venu pour que les Hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10,10), dira Jésus. Continuité du dessein de Dieu…

 

Mais attention ! Si Dieu accompagne le chemin et le cheminement des Hommes vers la vie, c’est-à-dire vers tout ce qui humanise l’Homme et le rend vraiment vivant, c’est qu’il veut sauver du Mal et de la destruction non seulement chaque personne mais aussi l’histoire humaine avec tout ce qu’elle engendre, ce qui inclut nos familles, nos entreprises, nos cultures…

J’en évoquerai deux images symboliques particulièrement importantes. L’une prise dans l’Écriture : c’est la Jérusalem céleste, déjà évoquée. L’autre prise dans le sacrement de l’eucharistie. Avec quoi le Christ « fait-il » son corps et son sang ? Avec du pain et du vin qui sont non seulement le « fruit de la terre » mais aussi le « fruit du travail des Hommes », c’est-à-dire de ce que les Hommes font les uns pour les autres, à partir de ce que leur offre la création, afin de vivre (le pain), afin de se réjouir (le vin de la fête) : c’est tout ce que nous sommes devenus et tout ce que nous avons engendré de beau par notre histoire personnelle et collective, c’est tout cela qui, au bout du chemin, est appelé à devenir Corps du Christ et commence déjà à le devenir.

Toutefois, nous pouvons remarquer que ce corps et ce sang du Christ sont séparés, comme dans une mort violente : telle la croix de Jésus. Toute l’histoire biblique est déjà une suite d’échecs rattrapés. Elle culmine dans la « mort-résurrection » de Jésus. Aux yeux des hommes, sa mort relève d’un échec, et même d’un échec majeur puisqu’il s’agit du Fils de Dieu en personne, venu rassembler enfin Israël dans l’unité fraternelle et qui, pourtant, finit seul, rejeté. Mais c’est, une fois encore, un échec rattrapé : dans cet événement dramatique, se manifeste jusqu’où peut aller l’attachement insensé du Père pour tous les Hommes, même les pires. Notre Dieu n’aime pas l’échec, il aime la vie… et avec Lui, la vie peut traverser la mort.

 

  Mai 2015           Jacques Teissier    <jmontpezat@gmail.com

 

3   Au creux de tout échec, Dieu offre une chance de vie nouvelle

 

Il n’est pas d’échec

qui ne comporte quelque part

une possibilité de vie nouvelle, de « résurrection ».

 

 

Une vie nouvelle reste possible au creux de tout échec. Elle nous associe à Jésus mort et ressuscité, car, comme dit le concile Vatican II : « L’Esprit saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal » (L’Église dans le monde de ce temps 22, 5). C’est le cœur de l’espérance chrétienne. Il n’est pas de « désert » qui n’abrite quelque source ou quelque fleur. Où est la source ? Où pousse la fleur ? Quand la découvrirons-nous ? On ne sait pas. Mais on sait qu’il en existe, à cause du Dieu de vie manifesté en Jésus-Christ mort et ressuscité.

Jésus meurt en restant confiant : fidèle, envers et contre tout, à l’amour et au pardon du Père qui l’avait envoyé pour tous. Mais il meurt quand même dans les ténèbres, sans jamais toucher du doigt ce que son Père pourra faire sortir de son échec et de sa mort. Il n’a plus d’appui que dans la confiance en son Père. Espérance nouvelle, sur la terre des Hommes : la Présence de Jésus ressuscité revenu au milieu des siens sans un mot de reproche ni même de regret !... Dans la célébration de la nuit de Pâques, la formulation de l’Exultet, le grand chant d’action de grâce à la lumière des cierges, ose dire cette énormité : « Heureuse faute [d’Adam et Ève] qui nous a valu un tel Rédempteur. » Si on la disait à quelqu’un qui se trouve dans la souffrance de l’échec, ce serait carrément odieux, sadique. Qui s’imaginerait en train de la « sortir » à Jésus en croix et criant « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 16,34)… Par contre, après coup, lorsque la merveille s’est manifestée, alors, là, oui. C’est une forme d’expression paradoxale, provocante, qui dit la joie stupéfaite devant l’inattendu, l’inouï de cette vie nouvelle inimaginable auparavant.

C’est dans cette joie stupéfaite, dans cet inouï d’une vie nouvelle inimaginable auparavant, que les disciples entreront, avec le dynamisme que l’on sait, dans la mission que Jésus leur confiera de poursuivre eux-mêmes son œuvre inachevée.

 

Il y avait déjà des prémisses de cette expérience dans l’Ancien Testament.

° C’est dans la joie de se sentir libérés de la servitude égyptienne, puis dans les dures épreuves de la traversée du désert pendant 40 ans, que s’est forgée chez les héritiers spirituels d’Abraham la conscience d’être un peuple de frères, alors qu’au départ, ils n’étaient guère qu’un « ramassis » (Ex 12,38) hétéroclite…

° C’est dans l’échec de la déportation à Babylone qu’Israël, désespéré, a découvert que son Dieu n’était pas seulement le meilleur de tous les dieux -les dieux des autres peuples ne valant pas "tripette"-, mais le seul et unique Dieu de tous les Hommes, créateur du ciel et de la terre, chez lui en tout lieu comme en tout peuple : ce que nous appelons le monothéisme. Cette expérience spirituelle a rejailli sur la rédaction des livres bibliques dans leur forme actuelle, une rédaction qui, dans l’ensemble, est postérieure à cette déportation.

Il ne s’agit pas de balivernes sans grande signification dans notre vie d’aujourd’hui.

Philippe Pozzo di Borgo, homme d’affaires français, issu d’une grande famille de ducs, est devenu tétraplégique à 42 ans, suite à un accident de parapente. Il raconte son expérience et son retour à la vie dans un livre, Le Second Souffle. C’est son histoire, dont sa relation avec son auxiliaire de vie, qui a inspiré le célébrissime film Intouchables. Une véritable « résurrection »…

Ou encore. Pendant des siècles, l’Église a considéré que, le peuple Juif étant « déicide », c’est elle qui avait pris le relais, et que la mission historique d’Israël était périmée. Ce faisant, l’Église n’était pas antisémite, c’est-à-dire raciste ; mais elle justifiait un antijudaïsme, c’est-à-dire un rejet de la valeur de la foi juive actuelle. Il faut bien reconnaître que, ce faisant, elle contribuait à alimenter le racisme antisémite, qu’elle le veuille ou non. Qu’est-ce qui a fait basculer les choses ? Le génocide nazi envers le peuple Juif. Il a fait naître la conscience chrétienne d’avoir, malgré soi, favorisé indirectement une injustice aussi horrible. Il a manifesté la volonté tenace des Juifs de continuer à exister pour témoigner du Dieu unique à la face du monde ; cette volonté appelait le respect et elle montrait que la mission du peuple Juif avait encore une actualité. Ce nouveau regard chrétien sur les Juifs a été consacré par le concile Vatican II dans sa déclaration Nostra aetate, puis approfondi par les théologiens et confirmé par tous les papes qui ont succédé à Jean XXIII et à Paul VI .

Il n’est pas d’échec qui ne comporte quelque part une possibilité de vie nouvelle, de « résurrection ».

Voilà, me semble-t-il, qui peut nous donner une autre manière de voir et d’aborder nos échecs, de quelque ordre qu’ils soient. Nous pouvons être blessés, perturbés, écrasés parfois. Il n’y a pas à s’en culpabiliser : Jésus lui-même n’a-t-il pas été accablé au Jardin des oliviers (Mc 14,33-35) ? Mais quoi qu’il arrive, nous sommes invités à rester des guetteurs, à rester disponibles à des signes de renouveau le jour où ils se manifesteront, parce qu’avec Jésus en croix, nous savons que ce renouveau existe et qu’il se manifestera un jour, serait-ce après nous comme pour Jésus… Cela ne résout rien. Ce n’est pas un sirop Typhon. Mais il me semble que c’est une espérance assez extraordinaire, un appui des plus solides pour traverser les intempéries.

C’est impliqué dans tout ce que je viens de dire, mais il peut valoir la peine de l’expliciter : par son aspect surprenant, inimaginable, inattendu, la vie nouvelle qui se manifeste jusqu’au creux de l’échec ne peut pas être accueillie sans une conversion du cœur, une conversion intérieure, un retournement. Cela suppose de notre part une disponibilité, une humilité, une ouverture.

L’évangile de Marc met en scène ce qu’on appelle « le secret messianique » : Jésus ne veut pas qu’on le désigne comme Messie tant qu’on ne l’a pas vu mourir. « « Qui dites-vous que je suis ? », demande-t-il à ses disciples. Prenant la parole, Pierre lui répond : « Tu es le Christ. » Et il leur commanda sévèrement de ne parler de lui à personne. Puis il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté (…), qu’il soit mis à mort (…). Il tenait ouvertement ce langage. » (Mc 8,29-32) Tout le monde est tellement ancré dans l’idée d’un Messie, d’un Christ, volant de triomphe en triomphe, que si on lui accole ce titre, il n’a plus aucune chance de se faire écouter. La réaction de Pierre est significative à cet égard : « Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, réprimanda Pierre ; il lui dit : « Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mc 8,32-33) Pierre lui-même a un mal fou à entrer dans l’expérience où Jésus veut l’entraîner à sa suite… Plus tard, il tirera l’épée pour le défendre (Jn 18,10-11). C’est quand il croisera le regard de Jésus prisonnier et qu’il fondra en larmes que Pierre acceptera de se convertir (Lc 22,61-62).

La même chose, tout autrement, dans l’épisode du matin de Pâques où Marie-Madeleine, seule au tombeau vide, prend d’abord Jésus pour le jardinier : « « Femme, pourquoi pleures-tu ? », lui demandent les deux messagers assis dans le tombeau. Elle leur dit : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. » Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. » Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni » – ce qui veut dire : Maître. » (Jn 20,13-16). Le premier retournement est simplement physique. Le second est spirituel, intérieur ; il n’est pas le fruit d’une volonté prédéterminée mais d’une disponibilité : il est suscité par un signe, un signe tout simple, celui de cet inconnu qui lui dit son nom alors qu’il ne devrait pas le connaître, et qui a peut-être aussi une certaine façon de le prononcer.

Nous n’entrons pas de plain-pied dans la vie qui « ressuscite », avec Jésus… Cela demande une conversion, un retournement.

 

Jacques Teissier  <jmontpezat@gmail.com>

 

 

4   Aucune réussite n’est jamais totale

 

Celui qui voudrait absolutiser une réussite figerait la vie et la tuerait.

c’est le danger des dogmatismes et des idéologies totalitaires

dont la tentation n’est jamais très loin de nous.

 

Ce point est important, lui aussi, mais il est beaucoup plus facile d’accès. Aucune réussite n’est jamais totale parce que nous sommes toujours en chemin, aussi bien personnellement que tous ensemble. C’est seulement à la fin, au terme de notre vie et au terme de l’histoire humaine, que les choses trouveront leur vraie place, leur vraie valeur, et tout leur sens. C’est assez simple à percevoir.

Qui plus est, nos œuvres sont toujours faites de bon grain et d’ivraie mêlés, selon la géniale image de la célèbre parabole de Jésus (Mt 13,24-30). Le tri n’est pas possible dès maintenant sans mettre en danger le meilleur de nos œuvres. Pour y voir tout-à-fait clair, il faut attendre la fin.

D’une part, nous ne pouvons pas découvrir pleinement la valeur de nos œuvres avant la fin. D’autre part, nos œuvres sont toujours ambiguës car toujours parsemées d’ivraie, habitées par le mal, quoi qu’il en soit de notre bonne volonté.

Lorsque nous regardons en arrière dans nos vies, notre façon de voir et d’apprécier nos réussites change. Il peut s’agir de nos réussites personnelles, familiales, professionnelles, et même nationales ou internationales. Il peut s’agir aussi de ces réussites inattendues, finalement sorties d’un échec. Dans tous les cas, avec du recul, le plus important n’est pas toujours ce que nous avions perçu sur le moment. Avec du recul, ce qui nous était apparu comme un sommet insurpassable peut s’avérer inachevé ou partiel. Avec du recul, ce qui nous était apparu comme une solide réussite peut s’avérer trompeur, plein de failles : le regard sur le colonialisme au XIXe siècle et au XXIe n’est pas du tout le même…

Nous sommes en chemin, le paysage ne cesse de se transformer ; nous ne savons pas ce qu’il y aura au bout du chemin, même si nous en avons déjà un avant-goût par la saveur de l’Évangile. Il nous arrive de faire mieux que nous ne pensions. Il nous arrive aussi de faire beaucoup moins bien ! Jamais nous ne pouvons absolutiser une réussite.

Voici quelques exemples bibliques, choisis un peu arbitrairement…

La traversée de la Mer Rouge consacre la libération d’Égypte. Elle suscite un chant de joie inouï, dont la rédaction dans le livre de l’Exode porte les marques d’une langue et de tournures très anciennes (Exode 15). Elle reste un phare tout au long de l’histoire d’Israël. Mais ce n’était pas le bout du chemin : il restait à unir ce « ramassis » (cf. Exode 12,36) de sauvés. On s’en apercevra, mais plus tard.

L’arrivée en Terre promise et l’installation en Canaan marquent la fidélité de Dieu à ses promesses. C’est un bonheur. Mais en passant du semi-nomadisme -où tout le monde a, peu ou prou, le même statut- à la vie sédentaire dans cités et hameaux, où tout le monde n’a plus le même rang ni les mêmes tâches, des questions nouvelles, assez redoutables, apparaissent. La société est devenue plus complexe, les tâches sont réparties en divers corps de métier et diverses fonctions, des inégalités importantes s’instaurent. Les prophètes passeront leur temps à dénoncer les injustices, à batailler contre les fausses sécurités, contre les illusions religieuses. On peut résumer ainsi leur message : vous pensez que vos affaires marchent bien, vous êtes très pieux, vous voilà satisfaits. Eh bien non ! Vous foncez droit dans le mur, cela ne tiendra pas, vous allez vous écrouler parce que vous vivez tranquillement dans l’injustice sans vous poser de question. Les prophètes ne seront guère écoutés, mais la suite leur donnera raison… (Soit dit en passant, quand on voit les déséquilibres humains et écologiques d’un libéralisme financier dérégulé, de plus en plus planétaire et totalitaire, il me semble qu’il y a de quoi se poser quelques questions…)

Ou encore, Jésus est mort à la suite d’un ignoble procès politico-religieux et d’un supplice infamant… mais le voici ressuscité ! Cela change tout. Prodigieuse réussite de Dieu, dans laquelle les disciples sont tout heureux de s’embarquer. Mais de nouveaux problèmes ne tardent pas à apparaître. Passons sur le barrage des autorités juives. Voici que des païens s’intéressent beaucoup à ce que racontent les disciples de Jésus. Ils veulent devenir chrétiens et se faire baptiser. Faut-il pour cela qu’ils commencent par devenir israélites et qu’ils observent les prescriptions de la Loi juive ? La liberté de Jésus à l’égard des prescriptions de la Loi, à l’égard de quelques païens, à l’égard de ceux qui vivent notoirement "hors la Loi", prostituées, collecteurs d’impôts pour le compte des Romains, faux-frères Samaritains… cette liberté indiquait une voie. On prend quelques décisions de compromis, mais ouvertes aux païens puisqu’on ne leur demande pas de devenir Juifs (voir Ac 15). Pourtant le poids de mentalités forgées par des siècles de référence à la Loi de Moïse est tel que ces baptisés d’origine païenne sont considérés, de fait, comme des chrétiens de second rang ; ils sont même priés de célébrer de leur côté le « repas du Seigneur », l’eucharistie, d’autant plus qu’elle se fait au cours d’un repas… qu’ils se moquent pas mal de faire « casher » ! Pour vaincre ce poids des mentalités, il faudra l’immense personnalité de Paul et son expérience cuisante du chemin de Damas : il découvre que, malgré tout son zèle à servir fidèlement sa foi en référence à la Loi de Moïse, il est en train de passer à côté de l’aujourd’hui de Dieu, Jésus-Christ ressuscité. Dans ces conditions, l’observance de la Loi juive n’est plus une nécessité pour répondre à la miséricorde de Dieu envers les Hommes, manifestée dans la mort et la résurrection de son Fils. Paul finira par obtenir gain de cause, en harmonie avec Pierre (voir Ac 10-11-26). Pourtant il lui faudra aussi recadrer sérieusement Pierre en personne (Ga 2) ! Et il se trouvera des judéo-chrétiens, venus entre autres de Jérusalem, pour mettre les bâtons dans les roues à Paul aux quatre coins du bassin méditerranéen…

On peut encore évoquer la suite de l’histoire de l’Église. Les découvertes de la terre qui tourne autour du soleil… de l’évolution des êtres vivants… du génome et des moyens de le modifier… de la valeur de toutes les cultures humaines et même des religions de l’histoire… la découverte vertigineuse du cosmos et de son histoire d’un côté ainsi que de l’infiniment petit de l’autre… la mondialisation-globalisation de la planète… etc. etc. n’en finissent pas de faire changer nos points de vue, de soulever des questions nouvelles, de faire naître de nouveaux dangers comme, péniblement la plupart du temps, de nouvelles richesses. C’est ainsi que, non sans mal, notre lecture de la Bible s’est enrichie de façon extraordinaire, depuis 150 ans, grâce à l’essor des sciences humaines et de l’archéologie. C’est ainsi que, non sans mal, le dialogue interreligieux est devenu à la fois pensable et possible. Il y aurait des milliers d’exemples.

La route est cahotante. Elle n’est jamais finie. Celui qui voudrait absolutiser une réussite figerait la vie et la tuerait : c’est le danger des dogmatismes et des idéologies totalitaires dont la tentation n’est jamais très loin de nous !

 

Ainsi, même dans la réussite, il y a nécessité d’une disponibilité, d’une humilité, d’une ouverture à ce qui va encore advenir. Une clé de cette attitude se trouve certainement dans la "foi", c’est-à-dire la confiance, que Dieu demande à Abraham quand il l’appelle à quitter l’étape où il s’était arrêté, et à repartir malgré les incertitudes et les risques. La première foi que Dieu attend de l’Homme, c’est la confiance d’oser vivre et avancer, dans ce monde périlleux, en prenant ses responsabilités pas à pas.

Sur les chemins de notre vie comme dans notre cheminement intérieur, d’une part il y a quelques « gamelles » à prendre, parfois retentissantes, d’autre part rien n’est jamais parfaitement accompli. Pourtant tout est valorisable par Dieu, l’imparfait/l’inaccompli comme l’échec, si nous voulons bien nous laisser éclairer par le message évangélique et vivre patiemment dans l’attente de la fin. Cela nous met assez loin du fameux « Tout, tout de suite ». Mais dans cette espérance patiente, nous pouvons trouver paix et sérénité jusque dans la tourmente.

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, dit Jésus à ses disciples peu avant sa mort. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. » (Jn 14,27). « Ce qui glorifie mon Père, c'est que vous portiez du fruit en abondance et que vous soyez pour moi des disciples. Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15,8-9,11)

 

Juillet 2015                                          Jacques Teissier  jmontpezat@gmail.com

 

 

 

C’est ce qu’on appelle l’énothéisme (ες θεός [héis théos] : un Dieu) : notre Dieu est le plus grand de tous et, à vrai dire, le seul valable.

Voir Maurice Vidal, cette Église que je cherche à comprendre, entretiens avec Christian Salenson et Jacques Teissier, Les éditions de l’atelier/Publications Chemins de Dialogue, 2009 – chapitre 8 : « L’Église et Israël, un autre regard ».

 

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