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Visionnaire de l'invisible
La littérature

Dans un monde qui change retrouver le sens du politique
Conférence des évêques de France
(Cerf - 2016)

 

Les catholiques vivent eux aussi les mutations de la société

 

Dans un monde qui change retrouver le sens du politique

    Aux habitants de notre pays, les évêques du conseil permanant écrivent que la situation de la société française les préoccupe. En publiant ce document, les évêques qui ‘aiment leur pays’, se situent dans la ligne de Vatican II qui a proclamé que « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (p 11)

Alors que le pays est « riche de tant de possibles », ces évêques appellent à repenser le contrat social, l’intégration et la différence culturelle,  l’éducation face à des identités fragiles, la crise du sens et de la parole, une juste compréhension de la laïcité. Ils pensent que cette crise politique est avant tout une crise de la parole : « La Parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux… Ils n’hésitent pas à affirmer avec vigueur que les comportements partisans et démagogiques … sont injustifiables et sont devenus insupportables. » (p19). « Comment affirmer ses convictions en opposition à une société qui ne les comprend pas et n’en tient plus guère compte ? » (p 55-56) Dans notre société marquée par l’individualisme, la recherche du bien commun et de l’intérêt général n’est possible que dans un débat sur des valeurs et des orientations partagées. (p 20)

Les évêques soulignent que les catholiques vivent eux aussi ces mutations de la société. Il est vrai que les crises décrites dans ce document touchent aussi l’Eglise. Prenons simplement la crise de la Parole. Combien de croyants disent aujourd’hui qu’ils croient en Dieu mais ils n’ont plus confiance dans la parole des responsables religieux. Un certain nombre de scandales ont creusé un fossé entre le peuple et les responsables de l’Eglise catholiques, que ce soient la pédophilie, les attaques de certains au Vatican contre le pape François qu’ils admirent, les finances du Vatican…

Pour parler au peuple français non dans un document mais dans une langue qui les touche, ne fallait-il pas que les évêques s’inspirent entre autres de la façon dont l’archevêque de Rouen s’est situé lors du drame de l’assassinat d’un des ses prêtres de son diocèse. Il a pris le risque de laisser parler son cœur. Sa parole a témoigné de sa foi en Jésus crucifié et ressuscité, de sa propre souffrance, de son combat intérieur pour que le pardon domine sa colère intérieure. La tristesse, l’angoisse et la peur des hommes et des femmes de son département, et de tous ceux qui souffrent, étaient sa propre angoisse, lui, disciple du Christ. La vie de son département et de son diocèse a trouvé écho dans son cœur.

Peut-on ajouter une autre remarque ? Les évêques rappellent que « Dieu appelle tout homme par son nom ». Pour rester fidèles à la Bonne Nouvelle de l’Evangile, ils auraient pu ajouter que l’Esprit Saint est répandu dans le cœur de tout homme. L’apôtre Pierre l’avait proclamé le jour de la Pentecôte : « Ce qui arrive, c’est ce que Dieu  avait dit pas le prophète Joël : ‘Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrais mon Esprit sur toute créature…’ » (Actes des apôtres 2, 16-17)  A ceux et celles qui l’accueillent, quelque soit sa couleur de peau, sa culture, sa mémoire, son espérance de vie, son sens de la justice, sa façon d’exprimer son amour, sa religion… l’Esprit Saint répand sa lumière à ceux et celles qui cherchent à trouver des chemins pour sortir de cette crise. Pour découvrir l’action de l’Esprit, Jésus nous demande de convertir notre regard. Les apôtres ont vécu cette expérience en découvrant Jésus parlant avec une samaritaine considérée par les juifs comme hérétique. Jésus leur demande de regarder la Samarie avec d’autres yeux et leur fait  remarquer qu’ils croient que ce peuple accueillera sa parole beaucoup plus tard. Il leur dit qu’ils ont tort car ce peuple l’accueille aujourd’hui même. (Cf.  Evangile de Jean. Chapitre 4)

Pourquoi les évêques du conseil permanent n’expriment-ils pas leur foi en l’Esprit d’amour de Dieu est répandus sur tous ? Pourquoi leur message ne s’est-il pas enrichi de ce que vivent ceux et celles qui cherchent et trouvent des chemins pour sortir de ces crises qui blessent profondément notre société ?

Pour cela, il aurait fallu trouver un langage qui parle à tous. Jésus n’a pas pris la façon de parler des scribes de son temps pour annoncer la présence aimante et active de Dieu en tout homme et femme. Il s’est inspiré d’un genre littéraire que sont les paraboles pour semer sa parole dans le cœur de tout homme et femme. Il a pris ce style littéraire car il avait confiance en ceux et celles qui l’accueilleraient et accepteraient de remettre en cause leur regard et traduire dans leur vie ce que Jésus a ensemencé dans leur cœur.

Les chrétiens ont une manière originale d’habiter la condition chrétienne. N’ayons pas honte d’en rendre témoignage par notre vie.

 

Novembre 2016 - R. Pousseur 

Nous avons reçu plusieurs réactions à ce document.



Mille mercis pour ce texte, plein de finesse et de nuances.

J’en approuve, évidemment, la teneur, même si je vais plus loin que vous dans l’incompréhension, donc la critique , de ce qu’écrivent les évêques. Mais je partage le sens de la retenue qui inspire l’auteur de ces lignes (C’est vous-même, je crois ? …je reconnais votre style , et votre sens de la nuance).
En fait, je ne crois pas que les faits reprochés à notre église ( les affaires financières du Vatican , la pédophilie etc…) soient la cause principale de l’éloignement des Catholiques , qui auraient perdu confiance.

Même les prises de position controversées de notre Pape ( voir son subit revirement , sur l’accueil à réserver aux immigrés , après un voyage en Suède , pays dans lequel certaines villes , comme Malmö, sont composées , à presque 50%, de population s musulmanes ingérables….ce qu’il a vu , et qui le conduit , après avoir dit l’inverse ,à recommander , sans être gêné , aux Etats européens , d’être très prudents et modérés , dans l’accueil des migrants) , ne sont pas de nature à bouleverser les Catholiques.

Ce qui est plus important , à mon sens , est le côté « inaudible » de notre Eglise : elle ne parle qu’une langue de bois , comme les politiques , est toujours en retrait sur les engagements que l’on attend d’elle , donne toujours l’impression d’affadir son discours pour ne choquer personne , en employant les mots vides de sens de la « novlangue », qui n’ont plus de contenu. En ce sens , elle imite les « politiques ».

Sans attendre d’elle qu’elle prêche la croisade , les Catholiques , tels que moi , attendent une parole mobilisatrice , un discours motivant , une clarté dans l’exposé qui incite à l’engagement , qui montre les actions à entreprendre , bref …une parole forte , comme elle a su l’avoir à différentes époques de son histoire , notamment lorsqu’elle n’hésitait pas à engu…les chrétiens pour les stimuler , les réveiller ( pardon pour la crudité du mot .)

Vous avez compris que je parle de l’Eglise de France uniquement, et non du Pape, qui lui fait ce qu’il peut dans ce domaine , mais qui est bien seul !

Pour terminer, n’oublions pas que le Christ n’abandonnera jamais son Eglise ( il l’a dit ) , et là , et pas ailleurs , se trouve notre raison d’espérer.

Croyez à toutes mes amitiés.


 

Ce texte des Evêques commence par un constat sur la Société francaise, en insistant sur son coté individualiste, atomisé, ou chacun s’occupe de  ses  affaires, ou les gens vivent le plus souvent côte à côte, sans « Faire Société » C’est pour moi un texte qui  interpelle sans juger ni condamner.

Il a pour but d’aider chacun à s’interroger, à convertir son cœur et sa vision dans sa simple vie quotidienne, familiale, professionnelle, sociétale.

Les Evêques, par ce texte, sèment les idées de l’ Evangile, en cette période électorale, pour les  faire germer, demandant à chacun d’être à l’écoute de ce qui peut améliorer le milieu de vie de tous et surtout des plus humbles.

Je pense que l’Eglise est dans son rôle quand elle demande à chacun de convertir son cœur,  car c’est la base de l’Evangile, et ce ne sont pas les idéologies qui changeront la société mais les hommes,… s’ils le veulent et en ont le courage.

C'est sur la Parole que je rebondis. On y évoque une parole vraie, loin des sentiers battus, des lieux communs qui évitent de penser ou qui répètent. Même un langage à découvrir puisqu'on évoque le moyen des paraboles pour Jésus.  Ou la démagogie dont il est question. Des débats dit-on. En effet la parole engendre l'idée qui n'était pas explicite ni même pensée. Outre le dialogue, le champ est vaste : ça peut être  aussi  la  chanson, la musique ou la poésie.

L'ose-t-on nous-mêmes cette parole qui engage ? Le silence complice ? ou paresseux ?

 

 

 

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