Recherche dans le site

 

 

 

 

 

Accéder à la liste par AUTEUR

 

Accéder à la liste par TITRE

 

Accéder à la liste par THÈME

 

La page des livres non encore listés

 

L'ouvrage précédent :
Pour qui et pourquoi vivre ?

L'ouvrage suivant :
L’antique génie israélite a été le premier a imaginé un dieu personnel sans être sexué

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Visionnaire de l'invisible
La littérature

Petit pays
Gaël Faye
(Grasset - 2016)

 

Le génocide est une marée noire,
ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie.

 

Le train zéro

    Alors qu’en France, des problèmes de société sont au cœur de notre société, le livre de Gaël Faye est très éclairant pour ceux et celles qui s’interrogent sur l’identité, sur l’immigration, sur l’autre différent, sur la pauvreté… .

Dans son roman Petit pays, qui se déroule dans la capitale du Burundi et au Rwanda, Gaël Faye met en scène deux enfants, Gabriel et Anna nés d’un père français, chef d’une entreprise de construction, et d’une mère rwandaise de l’ethnie hutu. Elle a fui son Rwanda et s’est réfugiée à Bujumbura.

Ayant eu l’occasion d’intervenir plusieurs fois au Burundi sur des problèmes de société et de religion, je peux témoigner qu’en lisant ce récit, je me suis senti communier à ce peuple qui a vécu des jours d’horreur dans ce si beau et accueillant pays. Une simple remarque : le narrateur raconte les heurts entre les hutus et les tutsis mais ne dit pas un mot de l’ethnie royale. Cette petite ethnie a joué un grand rôle de paix entre les hutus et les tutsis durant des siècles. La Belgique a amené avec elle la démocratie qui a donné naissance à une lutte féroce entre ethnies hutu et tutsie au Rwanda et au Burundi.

    Le livre de Gaël Faye a le grand mérite de décrire l’âme des personnes émigrées. Ce livre est plein d’espérance. Gabriel a les mots juste pour l’exprimer : ‘Mes parents appartiennent à l’Histoire, nous, les jeunes, nous devions la faire.’ Mais la faite avec ce qui habite en nous :
« Il m’obsède, ce retour. Pas un jour sans que le pays ne se rappelle à moi. Un bruit furtif, une odeur diffuse, une lumière d’après-midi, un geste, un silence parois suffisent à réveiller le souvenir d’enfance. » (p 13)
 « On avait beau débarquer à l’improviste avec nos drôles de mines dans leur petite cour perdue au sommet de la montagne, on avait cette impression agréable d’être attendus depuis longtemps. » (p 58)
« Comme Maman et sa famille, ils avaient fui ces problèmes ( les tueries au Rwanda, massacres, pogroms, épurations, destructions, viols, règlements de compte…) et n’avaient rencontré de nouveaux au Burundi – pauvreté, exclusion, quotas, xénophobie, rejet, boucs émissaires, dépression, mal du pays, nostalgie. Des problèmes de réfugiés. » (p 63)
 « Ma tante Rosalie, rwandaise, répétait qu’elle ne voulait pas mourir en exil… Qu’il était important qu’elle s’éteigne sur sa terre, dans le pays de ses ancêtres. Elle parlait doucement, lentement, avec les intonations d’un joueur de cithare, comme un doux murmure. » (p 69)
 « Armand était une exception. Il n’avait ni habits à la mode ni parfum de marque, mais il faisait rire. Cela lui permettait de franchir des frontières invisibles qui nous séparaient les uns des autres et d’être accepté dans les groupes à la mode. » (p 12)
« Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d’optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violences et de destructions… la paix n’est qu’un cours intervalle entre deux guerres. » (p 114)

Les émigrés ne sont seulement des personnes qui nous demandent l’asile. « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie.»   (p 185)

 

Décembre 2016 - R. Pousseur 


Réaction d'un internaute :

J'ai beaucoup aimé "Petit Pays", de Gaël Faye et je pense qu'il laissera une profonde empreinte sur moi. La première de ses qualités est d'être une belle oeuvre littéraire, bien écrite, bien construite. On prend plaisir à vivre quelques heures en compagnie de Gabriel, le jeune héros. La première partie du livre est un délice: la vie libre dans un pays luxuriant d'un groupe de jeunes garçons heureux et insouciants. Puis les choses commencent à se lézarder: le couple parental qui ne peut plus cacher sa mésentente, sans qu'on en comprenne vraiment (comme l'enfant lui-même?) les raisons profondes. Puis la situation politique qui se tend jusqu'au drame et à l'horreur. Gaël Faye décrit bien, me semble-t-il ce lent glissement avec plein de signes avant-coureurs que l'on n'a pas forcément envie de voir puis l'accélération brutale et l'irruption de la violence et de la haine qui se déchaînent. Le tout à hauteur d'enfant. Jamais l'auteur ne reprend son statut d'adulte pour nous donner les raisons politiques, économiques, etc, mais le livre n'en a que plus de force. Il aborde aussi, mine de rien, les difficultés à se situer d'enfants métis que l'on renvoie sans cesse à un statut d'étrangers qu'ils ne comprennent pas. J'ai lu ce livre d'une traite et bien qu'il aborde des évènements très durs, il se lit avec plaisir et empathie de bout en bout, tant le lecteur a l'impression de lire le récit d'un petit frère...Bonne lecture, amis internautes,
Marie-Madeleine

 

 

 

 

La page du site de l'éditeur

 

Haut de page