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Les Publications de l'association 'Église pour notre temps'

Affonter le mal
Robert Pousseur
102 pages
(The Book Edition - 2018)

 

Affronter le mal, ouvrage de Robert Pousseur
Vous pouvez cliquer sur le livre pour le commander

 

Présentation du livre
par Mgr. G. Louis, évêque de Châlons en Champagne

 

 Le Mal est omniprésent

Le Mal. Il est omniprésent. Il sévit partout et de mille manières. Il peut se présenter sous un abord subtil, séduisant ou se déchaîner effrayant, diabolique, apocalyptique. Nous savons à quel point le siècle dernier, sous le coup d’idéologies totalitaires, a été perverti par le Mal, principalement dans une Europe qui pourtant se réclamait de ses racines chrétiennes. En Asie, au Cambodge, les Khmers rouges ont eux aussi largement pris leur part dans la pratique de la terreur et le mépris le plus absolu de l’humaine condition. Alors que l’on pensait avoir atteint des sommets dans l’horreur, le troisième millénaire s’est ouvert par l’explosion du terrorisme islamiste frappant à l’aveugle ; celui-ci n’a cessé ensuite de se répandre comme la peste en plusieurs points du monde. A cette violence aveugle et barbare, s’ajoutent des injustices de plus en plus criantes, les violences faites à des enfants, leur embrigadement forcé dans des milices crapuleuses, le drame des réfugiés chassés de leur terre, la persécution faite aux chrétiens là où ils étaient présents dès les premiers siècles du christianisme, sans compter toutes les catastrophes naturelles : séismes, sécheresses, inondations, les unes et les autres dévoreuses de vies humaines.

Pour impressionnant qu’il soit, le Mal n’est pas une exclusivité des temps modernes. Aussi loin que nous remontons dans le temps jusqu’aux débuts de l’humanité, il est là. Lorsque les juifs rédigent les récits de la création du monde, à la lumière d’autres traditions et mythes fondateurs, tout en affirmant la bonté première d’un Dieu créateur, ils ne peuvent que constater l’existence du Mal. Force est d’admettre que le ver est déjà dans la pomme ! Un couple, Adam et Eve, désireux d’expérimenter sa liberté en se dégageant d’une autorité tutélaire, fait soudain l’amère découverte de sa nudité : la vie se gagne à la sueur de son front et l’enfantement connaît une gestation laborieuse. Avec la génération suivante, on pouvait espérer un retour au calme du paradis, il n’en est rien.  Deux frères revendiquent le même territoire. Caïn, l’aîné de la famille, sédentaire, pense pouvoir résoudre le problème par l’extermination de son jeune frère, Abel le berger.

 

Nos interrogations face au mal

Face à ce Mal qui sévit à l’échelle de l’humanité mais qui est tout autant capable de corrompre le cœur d’un chacun, des penseurs, croyants ou non, n’ont cessé de s’interroger  au long des siècles sans jamais pouvoir apporter une réponse convaincante et définitive. Pour beaucoup, le scandale du Mal constitue même l’épreuve principale de la foi en Dieu. Principalement le Mal qui touche injustement des innocents. Comment oser dire que l’amour de Dieu est plus fort que le Mal quand nous constatons la force des pulsions de mort qui habitent notre humanité et qui nous habitent nous-mêmes ? Au croyant, est renvoyée, lancinante, la question du psaume : « Où est-il ton Dieu ? » sans que lui-même puisse toujours mettre en mots justes l’espérance qui l’habite. En ce sens, le dernier film de Scorcèse, intitulé « Silence », fait résonner la même interrogation : pourquoi ? Face à l’omniprésence du Mal et l’apparente impossibilité de s’en délivrer, la tentation immédiate serait de désespérer, mais précise Scorcèse : « Le vrai péché, c’est de ne plus espérer, de croire que Dieu ne vous écoutera jamais ».

 

S’affronter au mystère du Mal

C’est donc une réflexion personnelle sur la question du Mal que le Père Robert Pousseur a voulu mener et qu’il nous offre dans son livre : « Affronter le Mal ». Le titre est évocateur ; en effet, tout en reconnaissant que, pour lui et bien d’autres, le Mal demeure un mystère dont il est vain d’en vouloir expliquer l’origine, il nous propose, face au Mal, un cheminement mûri à l’aune de ses rencontres, de ses lectures, de son engagement pastoral et de sa recherche. D’un bout à l’autre, son regard se porte sur des aventures humaines porteuses de sens, qu’il s’agisse de jeunes de quartiers difficiles ou en détresse familiale, d’hommes héritiers d’une autre tradition que la nôtre ou encore de grandes figures de l’histoire du peuple juif. En chacune de ces approches, l’auteur manifeste le désir d’y déceler la source d’une force plus forte que le Mal. Quelle est-elle ? Dans un cours récit « la traversée de la nuit » publié en 1998, Geneviève de Gaule Antonioz témoigne sans détours et sans mièvrerie : quand il n’y a plus rien, il y a encore l’amour….Un regard furtif, un signe, une minuscule lumière, un reliquat d’âme. « Je revois encore cette dame qui est partie devant sa fille vers la chambre à gaz le sourire aux lèvres avec un joli geste de la main. Vous savez, c’est très grand un être humain ! »

 

S’affronter au Mal à la manière de Jésus

Pour qui a mis ses pas à la suite de Jésus de Nazareth, le Dieu auquel il accorde sa foi, non seulement n’est pas extérieur à la réalité du Mal mais il se révèle pleinement au cœur de la puissance du Mal. D’où l’itinéraire que nous propose l’auteur en nous invitant à observer le chemin que prend Jésus pour affronter le Mal. Après avoir souligné son profond enracinement dans  l’histoire de son peuple, il relève le style original de Jésus qui le distingue du Baptiste sur la conduite à avoir face au Mal. L’épisode des tentations marque le combat de Jésus et sa ferme détermination pour accomplir l’œuvre de son Père : que tous, blessés, exclus de toutes sortes, possédés par l’esprit du Mal, soient rétablis dans leur dignité de fils de Dieu et reçoivent la vie en abondance. Jésus n’enferme personne dans son Mal, toujours sa passion est de l’en délivrer. Sur la croix, Jésus est à jamais le juste souffrant, l’innocent, que la folie meurtrière des hommes a rejeté et mis à mort. Mais, sous ce qui apparaît comme un échec, il devient le ressuscité en qui l’amour du Père est victorieux de tout Mal.

Désormais, comme le titre du livre nous le suggérait d’entrée de jeu, il s’agit bien d’affronter le Mal, ajoutons « à la manière dont lui, Jésus, l’a affronté. » Sa résurrection a ouvert et continue d’ouvrir parmi nous le chemin d’une vie renouvelée. Dans son action concrète, il a manifesté l’œuvre du Dieu de la vie, et il a donné aux hommes et aux femmes la certitude que, si leur choix est du côté de la vie reçue et donnée, ils sont dans le dynamisme de sa Pâque. C’est pourquoi, nous sommes reconnaissants au Père Robert Pousseur d’achever sa réflexion par un témoignage plus personnel, désireux précisément de jeter une lumière d’espérance au cœur de conflits meurtriers qu’il a eu l’occasion d’approcher en Afrique ou au Moyen-Orient.

 

C’est très grand un être humain !

Partout dans le monde, au cœur des drames et des fractures de notre humanité, des hommes et des femmes n’ont toujours pas renoncé à ouvrir des chemins de vie en risquant leur propre vie. ‘C’est très grand un être humain !’

 

Père Gilbert LOUIS, évêque


 

 

Prix 11€ à commander via le site TheBookEdition pour commander le livre

et aussi En  vente Dans toutes les librairies au prix de 11 €, en précisant : paru aux Editions TheBookEdition

 

 


 

Présentation de Jacques Teissier d’Arts-Cultures-Foi de Nîmes

 

Un écrit spirituel n’est pas un écrit qui parle de réalités spirituelles, mais un écrit qui, pour être "lu", demande au lecteur de vivre une démarche spirituelle. Affronter Le Mal est, en ce sens, un écrit spirituel de grande qualité.

S’il est une question qui traverse l’histoire des hommes, c’est bien celle de l’omniprésence du Mal et, trop souvent, de son apparente toute-puissance. Notre époque en fait, à nouveau, l’amère expérience ; notre avenir apparaît des plus précaires.

Merci au P. Robert Pousseur d’avoir eu l’audace de saisir la question à bras le corps, sans l’édulcorer de propos lénifiants ou fumeux, sans laisser croire que les divers courants spirituels de l’humanité seraient automatiquement à l’abri de la gangrène du Mal. Affronter Le Mal annonce le titre : il est honoré par le contenu ; ce n’est pas si courant !

Qui plus est, le langage est simple, concret. Les exemples nombreux et parlants. Ce qui n’empêche nullement la pensée d’être forte, profonde et, souvent, plus fine qu’il ne semblerait au premier abord. Bien des phrases qui n’ont l’air de rien recèlent des trésors pour qui veut bien les lire posément… Voilà une autre grande qualité de cet opuscule. S’y ajoutent la belle préface et les fortes illustrations de Gilbert Louis, largement inspirées de vues de voyages à travers la planète.

Mais alors, sur la terre des Hommes, la lumière serait-elle condamnée à disparaître dans les ténèbres du Mal ? Robert Pousseur se met en quête de lueurs que ces ténèbres n’arrivent pas à étouffer entièrement. Il nous montre, dans l’histoire de l’humanité d’hier et d’aujourd’hui, des étincelles de lumière bien réelles. Aussi nous invite-t-il à un changement de regard, à un changement intérieur. L’Homme a un corps et un esprit, mais il n’est pas qu’une machine. Il est capable d’émotion humaine, et c’est d’un autre ordre. Notre cœur, notre âme, notre troisième œil, notre voix intérieure, notre souffle de vie… sont réceptifs à un au-delà du visible, à un au-delà de l’explicable ou du démontrable. Un cœur et un au-delà du visible dont toutes les traditions culturelles et religieuses ont eu l’intuition. Un au-delà du visible que les Hommes expriment depuis toujours par le langage du symbole et de l’art.

Ce troisième œil nous fait percevoir la nature profonde du Mal, et nous permet ainsi de mieux le combattre. Le grand piège tendu par le Mal est celui qui rétrécit l’amour ouvert à tous à l’amour enfermé dans le "moi" -voilà, parmi bien d’autres, l’une de ces phrases d’apparence banale et pourtant aussi fines que fortes-, car en tout être humain existe un élan vers plus de vie, d’amour, de justice, de vérité (p.39). Mais pour que cet élan se transforme en vie, il nous faut combattre afin que la haine, le mensonge, la domination sur les autres ou sur la nature n’aient pas le dernier mot (p.40).

Nous pouvons maintenant entrer dans la lecture de l’histoire biblique proposée par Robert Pousseur. Abraham, Moïse, les prophètes Élie et Isaïe, Job, puis Jésus bien sûr de sa naissance à sa mort-résurrection, viennent tour à tour éclairer de nouveaux chemins de vie dans l’histoire de notre humanité blessée par le Mal mais pas anéantie, chacun apportant sa note originale. Et Dieu, alors ?... Il ne vient pas résoudre l’énigme du Mal. Il se fait complice et intime avec chaque être en quête de chemins de vie et en lutte contre le Mal qui entrave la vie.

Laissons au lecteur le bonheur de cheminer en compagnie de ces personnages bibliques, au fil du récit de Robert Pousseur, en se laissant toucher, en écoutant sa voix intérieure. Certains lecteurs pointilleux pourront peut-être regretter quelques approximations dans la lecture des textes bibliques. Ils n’auront, certes, pas tout à fait tort. Mais qu’est-ce en regard de l’espérance authentiquement humaine et évangélique que nous ouvre ce précieux petit bouquin ?... Et qu’est-ce en regard de la pertinente mais redoutable question qu’il se pose au sujet de l’Église (p. 99).

Vivement la parution de la suite annoncée sur Le Mal d’aujourd’hui !…

 

Jacques Teissier : jmontpezat@gmail.com
contact@acf.genese-toro.com

 

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